Dress to Kill: numéro spécial 5 ans!

Voici en avant-première la couverture du numéro du printemps intitulé « Les visionnaires », parution semaine prochaine… Site officiel du Dress to Kill

C01-Spring-2013

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Elie Saab: prodige de l’amour

Article que j’ai écrit pour le Dress to Kill – Hiver. En attendant le numéro du Printemps, spécial anniversaire…, qui s’annonce: canon!

Elsa Vecchi

Parler de mode et d’Amour avec un grand A sans mentionner le nom d’Elie Saab serait une totale hérésie. Parce qu’intrinsèquement, le style du créateur libanais, chouchou des Tapis rouge et des clientes haute couture, est justement une ode… à l’amour.

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Photo: Elie Saab – Haute couture automne/hiver 2012-2013

Prenez son défilé haute couture automne/hiver 2012-2013. Le show s’ouvre sur de longues parures noires, sorte de kaftans luxueux, composés intégralement de dentelle précieuse. De vraies merveilles de chic et d’élégance, tout en nuances tournoyant de l’Orient à l’Occident. Quant aux robes du soir à traîne, entièrement brodées, elles sont à la fois divinement féeriques et raffinées, dévoilant délicatement le dos, tandis que tulle et dentelle (encore) habillent magnifiquement le buste. Traditionnel clou du spectacle haute couture, la robe de mariée renferme dans chacun de ses replis un rêve de « Princesse tendance ». Les ingrédients? Grandiloquence et modernité -ce qui ressemble  à un oxymore. Et ce sont d’ailleurs ses fameuses robes de mariées qui, dès ses débuts, ont façonné la réputation de l’enfant chéri des clientes haute couture du Moyen-Orient. Au fil des années, la force d’Élie Saab est d’avoir su conjuguer un message axé sur le romantisme, la  fragilité, la tendresse, la poésie, saupoudrés d’un peu de « glitter », tout en s’éloignant du cliché «mille et une nuits » dans lesquel il aurait pu facilement se laisser enfermer. Preuve en est son incroyable travail de broderies, de paillettes, d’incrustations de pierres (semi-précieuses) et de perles. une démarche  de plus en plus résolument contemporaine. Elie Saab parvient même à faire évoluer le vocable lié aux teintes pastel (céladon, poussière, brume, poudre, rose thé, pêche, blush, bleu dragée… ses nuances fétiches). Des couleurs qui sous ses doigts n’ont rien de mièvre et participent d’une montée en puissance stylistique saluée par la la critique, qui ne manquerait pour rien au monde un seul de ses défilés, de haute couture ou de prêt-à-porter. C’est dire ! Et bien avant les rédactrices de mode, le tout-Hollywood se disputait déjà ses créations. Une cérémonie en témoigne encore.

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Photo: Halle Berry, robe Elie Saab – Oscar 2002

En mars 2002, lorsque Halle Berry, somptueuse dans sa robe lie de vin rebrodée sur le buste, s’empare de son Oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans le film « À l’ombre de la haine », le cliché fait le tour du monde, le nom du créateur s’affichant en Une d’une quantité hallucinante de magazine sur la planète. Un merveilleux coup de promo qui n’aurait jamais vu le jour sans un travail acharné et des rencontres déterminantes. En témoigne le succès du “Parfum” du couturier, du nom de sa première fragrance, lancée le même jour que sa collection Haute Couture automne-hiver 2011-2012. Derrière cette composition florale et boisée se cache Francis Kurdjian, l’un des plus grands parfumeurs au monde, et le verdict tombe: un *FIFI Award en juin 2012 pour ce produit de luxe raffiné, nectar aux notes de fleur d’oranger, de jasmin, de patchouli, réchauffées de cèdre et miel de rose. Dire qu’en 2000, Elie Saab  était invité pour la première fois par  la Chambre Syndicale de la Haute Couture à défiler à Paris. Quel chemin parcouru en une décennie et des poussières par celui qui, dès l’âge de 9 ans, commençait à découper des patrons dans les nappes et les rideaux de sa mère pour en habiller ses soeurs. Depuis, le couturier n’aura eu de cesse de magnifier les femmes. Pour une raison très simples: elles sont l’amour de sa vie.

 

*FIFI: récompenses américaines décernées chaque année depuis 1973 à New York et destinées à saluer l’excellence des productions mondiales de l’industrie du parfum.

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Tavan & Mitto : femmes, création, et l’amour toujours

Suite du dossier « Amour et création » paru dans le Dress to Kill – Hiver.

Elsa Vecchi

Tavan & Mitto:  griffe lancée en 1995 par Payam Tavan et Mike Mitto.

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Photo: Collection Tavan & Mitto – Printemps/Été 2013.

Rendez-vous est pris dans leur boutique/atelier du boulevard Saint-Laurent à Montréal. En sirotant lentement leurs « espresso » , Payam Tavan et Mike Mitto se plongent  dans cette réflexion autour de la notion d’amour, sujet du jour que nous leur avons imposé. « Amour des femmes », soufflent-ils d’une seule et même voix: «que voulez-vous, on aime les femmes! Et c’est pour elles qu’on crée… Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’on a installé notre atelier au desus de la boutique, pour observer les clientes lorsqu’elle pénètrent dans les lieux -et pour ainsi pouvoir capter leurs énergies et déceler ce qu’elles recherchent. Les voir évoluer est une source d’inspiration inépuisable », explique Payam Tavan. Et voilà déjà 17 années que les deux acolytes, ultra sensitifs et talentueux, créent ensemble avec une même doxa originelle en tête: habiller les femmes avec élégance. C’est le but de nombreux créateurs, mais combien sont-ils à y parvenir avec la classe requise? Tout d’abord, nos deux associés ont été à bonne école. Au cours des années 90, Payam Tavãn oeuvrait chez Gianfranco Ferré, et parallèlement Mike Mitto choisissait de passer quelques saisons chez Chanel. Pourtant, les deux avouent parfois s’être perdus, à force de faire des compromis, ou de tenter de plaire au plus grand nombre. Mais cette période est révolue.

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Photo: Collection Tavan & Mitto – Printemps/Été 2013.

Quel a été le déclic ? « Il y a 2 ans, Annie Horth, célèbre styliste, a fait appel à nous pour créer les robes des musiciennes du dernier show de Céline Dion à Las Vegas. On a compris que les créations luxe et élégantes étaient réellement notre ADN ». La collection de cet automne-hiver témoigne de ce retour au grand chic. Au programme, robes et jupes aux volumes impressionnants, oscillant entre fluidité et rigidité, pantalons « loose » mariés à des tops en organza, des vêtements déclinés dans des matières luxueuses telles que la soie, l’organza, la laine, le cachemire, les paillettes, la fourrure sauvage… Le tout se révèle d’une incroyable délicatesse. Tiens, et si on poursuivait notre enquête sur l’amour ? « L’amour des tissus et des couleurs», enchaîne du tac au tac Payam Tavan, en esquissant d’un geste le toucher d’un tissu lisse, brut, doux… tout ce qui qui fait la richesse d’un vêtement. « Moi, ma spécialité ce sont les finitions. Je peux passer des jours à me concentrer sur une couture, une jonction entre deux tissus », confie Mike Mitto. « Nous sommes un peu le Yin et le Yang, complémentaires et indissociables », selon Payam. Un long fleuve tranquille que ce processus créatif ? La question semble amuser le duo. La réponse se fait unanime : « Non sûrement pas! Et c’est justement là la richesse de créer à deux ! ». Pour mieux ne pas se reposer sur ses lauriers et remettre ne permanence en question un travail complexe et tortueux dont le résultat ne laisse aucune place ni au repos (du créateur), ni au répit (de la femme qui voudra toujours plus d’élégance). Alors, plutôt que de long fleuve tranquille, on parlera d’une belle mer turquoise, calme en surface mais aux profondeurs tumultueuses…

Site officiel Dress To Kill

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«Sadik 2», une comédie horrifique alpestre à la sauce lyonnaise

«Sadik 2», une comédie horrifique alpestre à la sauce lyonnaise

Parfois, un film vous tombe sur le crâne comme un Ovni de poche. C’est le cas de « Sadik 2″, étrange production provinciale, un long métrage de copains oscillant entre le rire et l’effroi. Cette aventure indépendante se poursuivra en mai, au « Marché du film » du prochain festival de Cannes. Première critique en avant-tout le monde.

Par Yvan Schneiderlin
Lyon, correspondance particulière

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Un truc bizarre et comme surgi de nulle part a éclaboussé l’autre jour l’écran en avant-première au ciné du quartier : « Sadik2 », comédie d’horreur française de France (du sud) mais pour de rire, jouée par de jeunes acteurs inconnus, réalisé par Robin Entreinger, dont c’est le deuxième long métrage après l’oppressant « Victimes » (excellent Valentin Bonhomme dans le rôle du psycho) en 2012, premier film plutôt bien accueilli par la presse spécialisée, «Mad Movies » en tête. Le reste de sa filmographie (pour l’essentiel, des formats courts) est accessible sur Youtube ou Dailymotion ; plus « Laissés pour morts », pilote d’une série western, inédite à ce jour, co-signé du producteur Vincent Michaud, maître à penser absolument« aware » de « 2017 films » à Lyon.

Mais « Sadik 2 » alors ? Avatar de « Scream » déglacé à la Clairette de Die, «Chainsaw Massacre»* en quasi débonnaire ?

Résumons : « Isa, la gironde arrivera-t-elle à concrétiser son rêve et enfin embrasser Fred, son meilleur ami (dont le téléphone portable est plein de photos de garçons torse nu) ? Kevin, ce grand benêt fera-t-il le premier pas vers Gwendo, la non moins gironde gothique  -et traumatisée ? Marco, le dingo réalisateur amateur (totalement fondu de VHS gore), arrivera-t-il à convaincre Franck le beau gosse de tourner dans son court-métrage super maboul cette année?» Le fil conducteur de cet objet filmique à part a cet avantage de rester assez mince : on peut suivre mot à mot deux filles et quatre garçons qui réveillonnent fort saint sylvestrement (Heineken à gogo, vodka one shot au moindre prétexte, mega boz trois feuilles minimum, techno minimale…) dans une maison isolée des Alpes de Haute-Provence, sans réseau pour les textos et le reste, mais avec l’eau courante et l’électrac.

Pendant ce temps-là, dans la cave de la remise, une sinistre bande de dangereux maniaques va tourner (mais ça, on le saura plus tard), à l’insu de la joyeuse équipée et –surtout à ses dépens- un nouveau « snuff movie » franchement trop vrai sans doute à en juger d’après les crispations de la voisine du fauteuil d’à côté durant la projection.

Le style Entreinger sur ce coup-là, sa griffe, son truc, en plume: un film de copains, avec une partie d’exposition des caractères des personnages, assez bien vue et même touchante quand elle se fait intimiste sur ce que chacun et chacune ne veut pas dire de soi aux autres… plus quelques accessoires obligés d’horror movie, de Grand Guignol de poche : scie et perceuse électrique, grand couteau (son obsession… devrait consulter, ce garçon), marteau, seringue, garrot, scalpel, masque, tablier de cuir…

A vrai dire, on sourit, souvent ; il n’est pas interdit d’en rire, charmante Elise, et nerveusement, par moment de cette comédie d’horreur. Rendez-vous sur la Croisette en mai, quand le film, en quête de distributeur, sera présenté à Cannes au marché du film… avant qu’il ne bascule une de ces nuits dans un « Conte de la crypte » ricanant en VF pour programmation tardive sur chaîne câblée spécialisée. « Ils ne savaient pas que c’était impossible, et c’est pour ça qu’ils l’ont fait » (Mark Twain).

Sadik 2, un film de Robin Entreinger, comédie horrifique. Durée : 1h15.

* « Chainsaw Massacre »: « Massacre à la tronçonneuse », de Tobe Hooper.

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La petite veste noire

Retour sur le lancement du livre « The little black jacket » signé Lagerfeld et Carine Roitfeld – New York, juin 2012. Un pur moment de mode glamour

Elsa Vecchi

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New-York, quartier de Soho, le 6 juin dernier. Rendez-vous est fixé avec Carine Roitfeld au 18, Wooster Street, à l’occasion du vernissage de l’exposition du livre en noir et blanc « The Little Black Jacket » (sorti en  septembre dernier). Surfant entre top modèles, actrices ultra glamour et créateurs au top de la tendance… presque béatement, j’observais les portraits des 108 personnalité shootées une à une et portant toutes la célébrissime « petite veste noire », le modèle-icône du vestiaire Chanel. Regard charbonneux, silhouette de rêve d’ex mannequin, Carine Roitfeld s’avance vers moi intégralement de noir vêtue. « Telle que vous me voyez, je porte le squelette de la dernière petite veste noire qu’on a shootée pour le projet », nous dit-elle d’emblée. « Je travaille avec Karl sur le stylisme des campagnes de la griffe, alors tout naturellement je me suis jointe à lui pour réaliser ce magnifique projet littéraire. Mon rôle était de multiplier les pistes d’interprétations de ce vêtement sacré de chez Chanel ». Sur la couverture du livre, on la reconnaît, elle et personne d’autre, dans une imitation presque parodique de Gabrielle Chanel. « Je dois dire que c’est mon idée. Nous en avions terminé avec toutes les photos. Karl s’était absenté, et je me suis habillée en Coco. À son retour, il a trouvé ça génial. Et Karl, pour très bien le connaître, il faut le surprendre ! ».

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Photo: Vanesse Paradis – Crédit: Karl Lagerfeld

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Photo: Stella Tennant – Crédit: Karl Lagerfeld

Derrière Carine Roitfeld, impressionnante incarnation de la féminité, muse et actrice, la photographie de Laetitia Casta -troublante en veuve latine cigarette à la main- est aussi magnétique que la beauté irréelle de la Top Stella Tennant . « Au cœur de ce projet, les hommes ne sont pas en reste, de l’acteur Gaspard Ulliel au créateur Olivier Theyskens. La magie tient aussi à la versatilité de cette « petite veste noire » qui est à l’origine… une veste d’homme autrichienne transformée par Coco Chanel dans les années 1950. Ca a été à la fois exaltant et assez facile de la styliser, pour un rendu tour à tour rock, classique, ethnique, mais toujours d’un chic inégalé ». Le tout aurait été shooté en cinq jours seulement parce qu’avec Karl Lagerfeld,  il faut que ça aille vite, très vite: prendre une photo ne durerait pas plus de cinq minutes.  Et avec quel résultat… sublime!

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