RENCONTRE AVEC LE DESIGNER PHILIPPE DUBUC
Jeudi 25 juin 2009Par Elsa Vecchi
Tête à tête avec le célèbre designer québécois et confidences

J’ai rendez-vous avec Philippe DUBUC à 9h30 dans sa boutique de la rue St Denis à Montréal. Le célèbre designer québécois a accepté d’être le parrain de mon blog et j’en suis fière. Je l’ai rencontré la première fois à Paris, il y a plus de 4 ans, lors de son dernier défilé en France. Depuis, nous ne nous sommes jamais perdus de vue. J’aime l’homme et le créateur de mode masculine, ultra-chic et visionnaire. Je vais passer plus d’une heure avec lui au cours de laquelle, il me confie avec générosité son amour pour le design, à découvrir dans « ARTS ». Il me révèle son carnet d’adresses très privé dans « IN/OUT ». Pour l’instant, nous parlons mode, une interview pleine de surprises. Les québécois seraient très différents des français sur de nombreux points…

Quelle est ta définition de l’homme glamour?
Le glamour… on a beaucoup de difficulté à vivre avec ce terme au québec. La religion a été tellement omni-présente dans les années 70-80 autant dire que le glamour était considéré comme un péché; on traîne encore un peu de cela aujourd’hui. Personnellement, j’adore le glamour.
Y-a-t-il des différences importantes entre les hommes québécois et les français ?
Physiquement, les hommes québécois ont des traits moins fins que les français. J’ai voulu démontrer cela dans ma dernière collection. C’est le vestiaire d’un homme hybride, c’est à dire un mix de rusticité urbaine avec un raffinement anglo-saxon et français. J’ai exprimé cet homme hybride à travers les matières que j’ai utilisées. Au départ, elles sont raffinées, je les fais venir d’Italie. Ensuite, je les travaille et leur donne un aspect enduit, huilé, mouillé pour un rendu très post-industriel.

L’apparition de la fourrure dans ton travail ?
Pour moi la fourrure est également un médium. Je l’ai travaillée comme si elle était une étoffe tissée ce qui n’est pas le cas. C’est comme cela que j’ai introduit « ce coureur des bois urbain »: c’est l’homme québécois selon moi.
Parle-moi des montréalais
Je dirais que le montréalais a un côté grunge, nonchalant et en même temps un côté raffiné. Il est aussi plus baraqué que le français et porte souvent une barbe naissante, tiens comme moi (sourire). Ces 20 dernières années, à Montréal, notre vision de la mode a beaucoup évolué. Résultat: les hommes consomment beaucoup plus de beauté, de mode et pas seulement les gays.

Montréal est réputée pour ses beaux hommes et ses belles femmes ?
Les montréalaises sont très sexy et sensuelles. Je vais t’avouer qu’elles aiment beaucoup les français parce qu’ils sont plus directs et plus romantiques que les québécois. Il faut dire que dans les années 90, la femme québécoise s’est libérée et s’est mise à draguer, résultat les hommes ont eu peur des femmes et n’ont plus fait le premier pas. Aujourd’hui, elles le regrettent. Ici, on ne siffle pas les filles dans les rues, pas assez…

Tes indispensables de l’été pour l’homme ?
Il y a le foulard en tissu, le pantalon sarouel hybride en lin, le pantalon chic directement inspiré du jogging, c’est un mouvement inspiré des années 90 qui persiste. Pour moi, les coloris sont très clairs. J’aime les teintes « craie », les blancs salis, les coloris inspirés des minéraux. Côté chaussures, on a une sélection qui est avant-gardiste avec des formes différentes, un côté déjà porté…


Les accessoires ?
Le sac, les lunettes… Le québécois a encore du mal avec les accessoires. Il en porte beaucoup moins que le français et encore bien moins que l’italien.
www.dubucstyle.com
À lire l’interview de Philippe DUBUC/Design dans la rubrique ART.
Photos: Guillaume Alcaraz

Bonjour et bienvenue. Dans « Une Parisienne à Montréal », je vous ferai découvrir Montréal et ce qui en fait pour moi une ville unique, étonnante et surprenante. Je vais rencontrer les designers, les artistes au sens large, mais aussi tous ces Français qui se sont installés ici et qui font vibrer cette grande ville bilingue multiculturelle. Je vous révélerai leurs histoires, leurs coups de cœur, leurs bons plans, leurs bonnes adresses. De l’autre côté de l'Atlantique, Philippe Vecchi partagera avec nous ses vues de Paris.