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  • Archives pour juillet, 2009

    LE 1ER JUILLET À MONTRÉAL

    Mercredi 8 juillet 2009

    Par Elsa Vecchi et Guillaume Alcaraz

    C’est le grand déménagement…

    Chaque 1er juillet au Québec, le jour de la fête nationale, on assiste à un interminable défilé de camions et autres fourgonnettes dans toutes les rues de la Province, encombrés de réfrigérateurs, meubles et matelas en tous genres.

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    Pendant que certaine glisse vers un avenir prometteur, d’autres en ont plein les bras.

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    Pourquoi la province entière déménage-t-elle le même jour et le jour même de la fête nationale?

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    Simple hasard du client? La version officielle stipule que le gouvernement du Québec aurait voulu faciliter les changements d’écoles en fixant à ce jour-là la l’expiration des baux.

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    On ne pourra pas s’empêcher d’y voir un pied de nez au reste du Canada, allez savoir…

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    Photos: Gillaume Alcaraz

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    TAVI, PETIT GÉNIE DE LA MODE OU VASTE IMPOSTURE ?

    Mardi 7 juillet 2009

    Par Elsa Vecchi

    Tavi: phénomène de mode?

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    Je ne peux pas m’empêcher de revenir sur un phénomène internet dont toute la planète mode parle. C’est Tavi, une jeune Américaine de 12 ans, petit génie du fashion-blog : http://tavi-thenewgirlintown.blogspot.com/ que les marques reluquent de près. La preuve, les très branchées Kate and Laura Mulleavy, les deux designers de la marque Rodarte, ont souhaité la rencontrer en tête-à-tête. Pour une collaboration future? Allez savoir… Sur son site, Tavi repère de jeunes talents, compile les silhouettes couture les plus pointues du moment et se met en scène dans des looks incroyables et barrés, (soit-disant) entièrement concoctés par ses soins. La teneur de ses éditoriaux est digne du célèbre « W » ou autres magazines super branchés; ses dessins et peintures doivent faire baver d’envie les chasseurs de tendances tout-terrain. Difficile d’y croire? Le « New-York Times », qui s’est intéressé à la jeune surdouée, l’a carrément proclamée « leader de la next generation ». De Tavi, on connaît peu de choses, pour ne pas dire quasiment rien. Dans les interviews, ce prodige émergent à bannière étoilée refuse de parler de ses parents. On sait juste qu’ils ont élevé leur fille sur fond de Bob Dylan à Grey Gardens, l’Armée du Salut du quartier, « the place to be » où elle passe des après-midis à sélectionner des vêtements dont elle se sert pour concocter ses looks aussi fous qu’improbables. Et c’est d’ailleurs tout ce flou artistique qui vient renforcer notre suspicion légitime. Comment une si fertile pré-adolescente sortie de nulle part pourrait-elle (ou ne pourrait-elle pas) être l’auteur(e) de ces silhouettes dignes de créateurs droit sortis du célèbre et parisien Studio Berçot? Et pourquoi pas, en même temps, me direz-vous ? Il y a 45 ans, si internet et les blogs avaient existé, on se serait peut-être ému des créations d’un Jean-Paul Gaultier à peine sorti de l’oeuf. Alors: petit génie ou vaste imposture? Finalement, peu importe, le cas Tavi va certainement persister à nourrir conversations et controverses dans la sphère « mode », qui aime aussi ne pas toujours tourner rond. Une chose est sûre, un phénomène est bel et bien né, et pour le reste, c’est à vous et vous seuls d’en juger.

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    LABEL PARKER

    Lundi 6 juillet 2009

    Par Philippe Vecchi

    Axelle Parker: DJ

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    C’est l’été, il fait sexy-chaud, les anthropologues ignorent encore pourquoi hommes et femmes éprouvent à cette époque de l’année l’irrépressible envie de danser; mais l’un dans l’autre, cela reste une saison notoire pour les musiciens et nombreux DJ’s, avides de décrocher «le tube», dans un flux d’espoir à 99,5% contrarié. Le DJ David Guetta, de Paris, quoique cartonnant en ce moment-même jusqu’au cœur des Etats-Unis, est bien parti pour décrocher la timbale internationale des ventes 2009. Plus que bien placé sur le marché lui aussi, the famous Martin Solveig acceptera même de vous animer une soirée pour la modique somme de… 50000 euros. Pas mal, comme petit job d’été. Sauf que personnellement, notre préférence va vers, disons, quelqu’un d’autre. Quelqu’une, pour être plus précis: Axelle Parker. Connaissez pas? Ça ne saurait durer. Présentation pour les filles, qui aiment a priori les sets «house», entre John Revox et Swedish House Mafia: en voilà une bonne d’jette qui va vous faire passer une bonne soirée et à vos fiancés pareil! Hum, présentation pour les mecs: belle blonde, 90C/60/90 frôlant le mètre 70, physique stupéfiant de vraie poupée Bardot, voyez l’ambiance… Ah oui: la demoiselle a pris la bonne habitude de mixer topless, quand ce n’est pas… intégralement nue. Qu’elle soit très demandée de part et d’autre d’une France où les boîtes où les couples se mélangent pullulent désormais presque autant que les sites internet coquins «for free» dans le monde entier, ne sera donc une surprise pour personne. Mais blague dans le coin, ce n’est pas (seulement) parce qu’elle est la Rolls des jeunes pros de l’érotico-X en France qu’Axelle nous intéresse. Musicalement, elle assure tellement mieux que tout un tas de charlots en circulation car déjà déguisés en vedettes. Lorsqu’on aura ajouté qu’elle a 21 ans au compteur, qu’elle sait aussi écrire, qu’elle revendique un narcissisme échevelé («I Love Me!», rien que ça), et qu’elle traque autant l’humour qu’elle fuit l’ennui crasse des soirées sans piment, on aura -presque- tout dit. Mais que «presque»: modèle érotique de première catégorie, elle produit aussi du cinéma, avec la conviction qu’un petit retour à de l’érotisme furieusement moins gynécologique ne ferait de mal à personne. Une «vision» pour demain? Non: un «vison» avec rien dessous, ça n’a rien à voir! Bon. C’est donc l’été, ok, on s’est un peu laissé aller, alors la prochaine fois, on vous parlera d’un truc bien prise de tête. Promis. Comment ça,«no way»?

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    LE CRÉATEUR PHILIPPE DUBUC: FOU DE DESIGN

    Samedi 4 juillet 2009

    Par Elsa Vecchi

    C’est le troisième volet de mon tête à tête avec le designer québécois Philippe Dubuc:
    il me confie son amour pour le design et se révèle être le meilleur ambassadeur que Montréal puisse rêver. À découvrir tout de suite sa vision de la ville et ses coups de cœur.

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    Comment vit on à Montréal ?

    On imagine Montréal comme une ville totalement nord-américaine, c’est le cas dans le centre-ville mais sur le Plateau et dans le Mile End, on retrouve une vraie vie de quartier, c’est très « famille » et résidentiel. Je te dirais, qu’on vit à Montréal comme dans les grandes villes. Je vis sur le Pateau, sors sur le Plateau, mes amis vivent sur le Plateau. À Paris, on fréquente les personnes selon les arrondissements. Je joue dans la ville à 1 km à la ronde de chez moi.

    Ton quartier préféré?

    Le Plateau. J’adore les ruelles, on y trouve des bijoux architecturaux, il y a d’ailleurs de nombreux architectes qui y vivent. J’aime aussi beaucoup la Petite Italie vers la rue Waverly.

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    Montréal a beaucoup évolué ?

    Montréal était la ville aux 100 pignons, on disait cela aux vues de toutes ses églises. Il y a eu à un moment, de grands projets urbains faits dans de très mauvaises conditions environementales. Par exemple, l’autoroute Ville-Marie a crée une grande cicatrice entre le Vieux-Montréal et le centre-ville. Avec la place Rioppelle (du nom du grand peintre québécois), le grand Palais des Congrès, on a su créer un lien entre le Vieux Montréal et le centre-ville et réussi à effacer cette cicatrice.

    Montréal est l’une des rares villes mondiales du design selon l’UNESCO…

    Le design est vraiment un monde qui est en plein émergence à Montréal, je dirais même depuis une bonne dizaine d’années. C’est une ville de design grâce à des gens comme le duo de designers Saucier+Perrotte. Ils ont réalisé la magnifique boutique de vêtements pour homme de Michel Brisson dans le Vieux-Montréal, la mienne aussi d’ailleurs. Ils font un travail absolument incroyable.

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    Photo: Guillaume Alcaraz

    Tu as toi aussi été designer d’intérieur ?

    Oui sur le projet Oxxford. Aujourd’hui, mon métier de créateur de mode va tantôt déborder sur le métier d’ébéniste ou de décorateur d’intérieur. J’adore cela.

    Montréal t’a toujours attiré ?

    Je viens de la banlieue et devenu adolescent, j’aimais découvrir les gens du milieu underground, du milieu alternatif; j’aimais leurs attitudes vestimentaires aux allures folles. C’est vraiment cela qui m’a attiré par rapport à ma banlieue. J’adore vivre à Montréal, je ne pourrais pas vivre à Paris, je m’y sens trop grand, à l’étroit, même si j’aime beaucoup la ville.

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    Tes endroits « design » ?

    J’adore la boutique « Les Commissaires ». C’est une « boutique hybride galerie d’art » ; un vrai réseau de distribution pour le monde du design. En parlant de la boutique « Les Commissaires », j’ai envie de dire qu’on pourrait tracer un parallèle entre notre façon de voir les choses, nous les québécois, et les pays scandinaves. Il faut dire qu’ on a un climat aussi difficile par moment, cela rapproche.

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    Photo: Guillaume Alcaraz

    Montréal ville underground encore aujourd’hui ?

    Montréal est une ville libérale avec un côté latin dans un monde anglo-saxon. Elle a toujours été perçue en Amérique du Nord comme la ville de tous les excès. On l’appelle d’ailleurs : le « Red Light de l’amérique du Nord ».  Si je remonte aux années 20, aux temps des Cabarets, la prostitution était devenue à Montréal l’une des raisons de villégiature pour les Américains.

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    Photo: Guillaume Alcaraz

    Le côté underground a commencé dans les années 50 avec les cabarets, il y avait à ce moment là de plus en plus de travestis. Ensuite fin 70-80, avec le mouvement électro, la vie nocture est devenue extrêmement dynamique. Il y a eu également le mouvement Andy Warhol, puis new wave à New York qu’on a beaucoup ressenti ici. J’ai toujours baigné dans cette mouvance musicale et c’est là que naissent tous les nouveaux courants. Franchement, Montréal, côté musique et art, est complètement dans son temps. Côté mode, je ne pourrais pas exactement dire cela…

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    ÇA DÉMÉNAGE

    Jeudi 2 juillet 2009

    Par Elsa Vecchi

    La nouvelle Place des Festivals de Montréal

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    Imaginez un long ballet d’hommes torses nus et de déménageurs musclés déambulant dans chaque recoin de la ville, le même jour. Vous êtes en train de vous dire « elle est en plein rêve! ». Pas du tout, ce n’est que la stricte vérité. Figurez vous que le 1er juillet au Québec, le jour même de la fête du Canada: on déménage. Simple hasard du calendrier ? La version officielle stipule que le gouvernement du Québec aurait voulu faciliter les changements d’écoles en fixant à ce jour-là l’expiration des baux. Lors de chaque fête nationale, on assiste donc à un interminable défilé de camions et autres fourgonnettes dans toutes les rues de la Province, encombrées de réfrigérateurs, meubles et matelas en tous genres. On ne pourra pas s’empêcher d’y voir un pied de nez adressé au reste du Canada, allez savoir. Ce qui m’amène à penser qu’un petit nettoyage de printemps au début de l’été, ça a du bon, histoire de faire le vide. Vous me direz: c’est le moment ou jamais pour mettre de côté nos soucis, et nous jeter à corps perdu dans l’eau bleutée des piscines de la ville. L’autre option, cette semaine, sera de se laisser aller sur les rythmes jazzy du trompettiste français Erik Truffaz ou de Madeleine Peyroux, de parcourir la ville sur des airs de guitare manouche et enfin d’atterrir sur la nouvelle place des Festivals, en l’honneur du 30ème anniversaire du Festival de jazz de Montréal. L’effervescence qui s’en dégage aura vite fait de vous électriser comme une grosse dose de vitamines. Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, cette semaine, ça va déménager.

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