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  • Archives pour décembre, 2009

    Rétrospective des années 2000

    Mardi 29 décembre 2009

    Par Elsa Vecchi

    L’année 2009 se termine dans quelques heures et c’est une décennie aussi qui s’achève avec son lot de souvenirs, de faits marquants et cette réflexion obsédante « le temps passe si vite »… 9 ans, 363 jours plus tard, à l’avant-veille du premier jour de l’année, il est urgent de faire un bilan. À vrai dire, je pourrais faire des milliers de rétrospectives, à l’infini… tant le choix est difficile.

    Mode:

    Photo: John Galliano et la comédienne- égérie de Dior: Eva Green

    Les années 2000 marquent le sacre de John Galliano à la tête de la création pour femme chez Dior, la disparition du génialissime Yves Saint Laurent, les collaborations des plus grands créateurs avec les grandes chaînes de magasins à commencer par Karl Lagerfeld pour H&M en 2004 (Viktor & Rolf, Roberto Cavalli, Stella McCartney…) jusqu’à tout dernièrement Sonia Rykiel pour une ligne lingerie et maille pour la même marque suédoise. Je ne peux pas m’empêcher de laisser couler une larme en pensant à la faillite d’un des designers les plus incroyables de notre temps : Christian Lacroix… en implorant des divinités lointaines pour qu’il trouve repreneur.

    Tendance:

    Photo: Défilé Balmain – Printemps/Été 2010

    C’est le grand retour des années 80 avec sont son lot d’épaules surdimensionnées, ces leggings en tout genre et treggings en simili-cuir-plastique… brillants, très très brillants. « Plus ça brille, plus c’est moulant, mieux c’est ! » pourrait-être l’un des mots d’ordre de cette fin de décennie où la féminité exacerbée est de mise. On est en pleine « Balmania ». Christophe Decarnin, le designer prolifique à la tête de Balmain depuis 2006 a su mieux que personne prendre le pouls de cette fin de décennie, pensant des collections à se damner.

    Beauté:

    Photo: Daria Werbowy pour Vogue France – Mai 2009

    C’est incontestablement la décennie de la plus rock des top models : Kate Moss. Malgré un incident de parcours finalement peu compromettant, voire financièrement avantageux, la brindille anglaise s’est remise sur les rails (sans jeu de mot) cumulant les contrats de publicité et faisant exploser des marques comme la très classique, pour ne pas dire poussiéreuse, Longchamp devenue depuis très tendance. On ne pourra pas non plus s’empêcher de citer la plus financièrement prolifique: Gisèle Bündchen ou l’une des plus belles, à mon humble avis : la sublime canadienne Daria Werbowy.

    Technologie :

    Photo: iPhone

    Ouf… dans cette catégorie, difficile de savoir où donner de la tête. Il est impossible de passer à côté de tous les réseaux sociaux de Facebook à Twitter sans oublier l’ascension vertigineuse et quasi-incroyable des blogs. Il serait inutile de vanter les mérites de ces médias en passe de détrôner et de ringardiser tout autre support… L’un des grands gagnants dans cette catégorie est certainement l’iPhone : le plus design, le plus renversant technologiquement et le plus copié aussi !

    Cinéma :

    Photo: Film « In the Mood for Love » de Wong Kar-wai

    In the Mood for Love du réalisateur Wong Kar-wai ouvre la décennie en 2000 en nous laissant sans voix… Parfois quand c’est trop beau, cela se passe de mots.
    Le secret de Brokeback Mountain de Ang Lee fin 2005 est certainement l’histoire d’amour impossible la plus saisissante de ces dernières années, bousculant pour la première fois de l’histoire un certain nombre de codes et conventions ultra-rigides…
    Inglorious Basterds de Quentin Tarantino en 2009 est tout simplement jouissif.

    Musique :

    Photo: Michael Jackson

    L’une des plus grandes stars de la planète s’est éteinte : Michael Jackson. La semaine suivant sa disparition, trois millions et demi de morceaux ont été téléchargés sur Internet : c’est le record de tous les temps. Une star s’est éteinte, ce qui m’amène à penser, comme l’écrivait le célèbre philosophe Horace, que, par définition, une étoile est un astre mort… hum… voilà, je vous quitte sur ces considérations hautement philosophiques et quelques pas de moonwalk en hommage posthume. Et pour la route, je réécouterai en boucle « Rock with you ».

    Et vous, que vous évoquent les années 2000 ?

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    Le bilan des années 2000 à la télévision française, un roman éphémère

    Mercredi 23 décembre 2009

    Par Philippe Vecchi

    Suite et fin…

    Bilan 2000 (5/7): la révélation
    Mélissa Theuriau pour «Zone interdite»

    Photo: Mélissa Theuriau

    Les animateurs, dans la perception du public, c’est comme les acteurs, les politiciens ou Michel Sardou: chacun son propre goût versatile. Début des années 2000, Jean-Luc Reichmann est «l’animateur préféré des Français», pendant que Nagui stagne au placard. Décembre 2009, Nagui est incontestablement «l’animateur préféré des Français», tandis que TF1 cherche à remplacer d’urgence l’émission de Reichmann, achevée à coups de talons frontaux par… Nagui. A part ça, inutile de chercher dans notre round-up tous les présentateurs apparus depuis dix ans. Comme les Gremlins, ils s’affolent partout dès que la TNT les arrose, ou sur le câble, votre téléphone, sous peu encastrés dans votre frigo. Une tendance cependant intrigue: quand ils ont le physique de Guy Lagache ou de Laurent Delahousse (ex LCI), les journalistes émergents ont la cote nationale, les chaînes info ayant beaucoup essaimé.

    Photo: Marie Drucker

    Il n’est que de situer l’actuel degré de popularité de Marie Drucker et Harry Roselmack (formés à I Télé par le même Bernard Zekri), ou encore celui de l’animatrice de «Zone interdite» sur M6 depuis bientôt quatre ans, celle vers qui va implacablement et ce depuis ses débuts sur LCI (via Jean-Claude Dassier) notre préférence de téléspectateur, Mélissa Theuriau. Concernant la plastique de cette jeune trentenaire -qui aurait pu devenir très vite riche si elle avait cédé aux sirènes des publicitaires japonais, français-, il serait injurieux de vous en faire l’article. Ce que l’on omet plus aisément, c’est que sa présence subtile à l’image, sa voix étrange, son goût pour le décryptage social en 9 mois d’enquêtes et son sens de l’interview clairvoyante, sont le pur produit d’un travail de soutier. Scotchée jusqu’à 24 ans à Grenoble, sa ville, pour décrocher deux diplômes liés à l’information et aux médias, elle remonte un à un les maillons de la chaine de fabrication des reportages. Pas vraiment le genre «cuillère en argent dans la bouche», Mélissa Theuriau; pas même un soupçon de cette grosse tête consubstantielle à la fonction. Juste le souci de faire la meilleure émission innovante possible (objectif atteint, de surcroît avec une moyenne de 4 millions de téléspectateurs rajeunis), en préservant sa vie privée auprès de son époux Jamel Debbouze, avec lequel elle a eu un fils et plein de paparazzi bourrins autour. Pour conclure, elle hommage directement sa corédactrice en chef, Valérie Troisier, le patron de l’info M6 Jérôme Bureau, mais aussi Alain de Greef (ex Canal+) et Bernard Zekri (ex I Télé et Canal) «qui me disent cash les choses, symbolisant le journalisme que j’aime». Au fait, ce ne serait pas aussi la fille qui a refusé le «20 Heures» de TF1 et le salaire éléphantesque qui va avec? Si. Et ça, c’est pour nous au minimum le Livre des Records, au lieu du Mérite agricole…

    Bilan 2000 (6/7): culture, humour
    Taddeï, «Groland Mag Zine» et le «Jamel Comedy Club»

    Photo: Jamel Debbouze

    «La représentation littéraire de la cruauté chez Kant» -épatant- sur France Culture, début décembre, était-ce vraiment à crever de rire? «Franck Dubosc s’enthousiasme pour le nouvel album de Dany Brillant» il y a peu chez Michel Drucker, sur Europe 1, est-ce encore de la culture? Certes, on ne vous fera pas avaler que rigolade et connaissance(s) du monde relèvent de la même école médiatique. Mais quand même. On aime bien lorsqu’un minimum d’humour contribue à étancher notre soif de culture (chez Pierre-Louis Basse par exemple, le samedi sur Europe 1), comme quand un brin d’esprit vient teinter ces stases de rigolade nécessaires à notre survie (de Alévêque à Foresti, sortis de «On a tout essayé»). Remonter une décennie de programmes culturels et humoristiques promettant d’être fastidieux, on en restera aux émissions de débat et de comédie en cours à la radio-télévision française. La culture? Avec la suppression de la publicité après 20 heures sur le service public, on devait en croquer par tous les bouts, au-delà de ce que Arte principalement nous propose. Sauf que voilà, notre intime conviction perdure que la radio conserve en ce domaine de belles longueurs d’avance. On reviendra très vite sur «Masse critique», la formidable émission du dimanche de France-Culture, non sans avoir ici pointé du doigt le talk-show télé qui nous sied. Pour la quatrième saison consécutive, France 3 a rempilé avec «Ce soir (ou jamais!)». Premier avantage, on sait d’emblée, en soupesant la teneur du débat, si l’on va rester ou pas. Et bien souvent, on campe devant: animateur rigoureux, passes d’armes vigoureuses et forte réactivité à l’actu, la quotidienne moderne de deuxième partie de soirée de Frédéric Taddeï est la meilleure surprise de cette fin des années 2000. L’humour? Alors là, compliqué de départager deux programmes de feu.

    Photo: Groland Magzine

    Par ordre d’apparition, «Groland Mag Zine» (plus de 15 ans d’existence) chaque samedi, en clair, sur Canal+, et le beaucoup plus récent «Jamel Comedy Club», sur la même chaîne mais moins souvent. Mon premier reste ce brulot politico-punk-pouët-pouët de haute volée offensive, avec Moustic devant, Benoit Delépine derrière, et au dessus notre président à tous, le grand Christophe Salengro. Mon second constitue la meilleure réponse des «minorités ethniques et sociales» au gros du troupeau. Du stand-up de banlieue défouraillé avec l’accent africain, arabe ou chinois, signalant l’émergence de Fabrice Eboué, Thomas N’jijol ou du hard-rockeur Dedo, et confortant aux commandes le virtuose Jamel Debbouze, dans un pays où l’on compte désormais deux comiques professionnels et pas un seul «intellectuel» parmi les cinq Français préférés des Français. Si ça, ce n’est pas une tendance tout à fait contemporaine…

    Bilan 2000 (7/7): ultimes beautés cathodiques
    Des canons du christianisme aux bombes sexuelles

    Photo: Megan Fox

    Bien sûr, on aurait pu clore notre récapitulatif des années 2000 à la télé française en martelant des évidences: 1) décennie Endemol de la télé-réalité contestée, du choc «Loft Story» au succès «Top à la bimbo-vachette!» «Secret Story»; 2) duels acharnés entre télé-crochets, la «Star Academy» (mise en sommeil) le disputant à «Nouvelle star» (mise en demeure de faire oublier le branquignol Soan), et «X Factor» sur W9 pour son animateur impeccable; 3) apparition de la TNT -premiers tests en 2005, 80% de la population couverte trois ans plus tard-, ces chaînes gratuites captant désormais plus d’un quart de l’audience gobale. On aurait dû vous parler encore de PPDA répudié, des insubmersibles mérous de «Thalassa», et même de sport (rien que l’arrivée de Pierre Ménès sur C+, la sous-utilisation de la troublante Christine Carnaud sur Infosport, ou l’invasion des débats sur le foot). Comme on ne saurait négliger l’intérêt croissant du public pour le courant documentaire. Mais s’il devait n’en rester qu’un, ce serait «l’Origine du christianisme» en dix volets et sa suite, «l’Apocalypse» (Arte Vidéo), de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, diffusés respectivement en 2003 et 2008 par la chaîne franco-allemande. Magnifique travail métaphysico-bressonien regroupant les meilleurs théologiens du monde. Et puis, on a réalisé qu’un baisser de rideau sur les femmes transcendantes de cette décennie serait le bienvenu. Pas les Françaises (n’en froisser aucune!). Bien plutôt, ces créatures de séries américaines qui font crescendo peur aux stars hollywoodiennes.

    Photo: Louise Bourgoin

    On a ainsi découvert une myriade de filles splendides, traversant «Nip/Tuck», «Dexter» ou «Las Vegas», cette dernière production propulsant Nikki Cox au rang de «girl next door» excitante de simplicité sexy. TF1 aura aussi révélé Yvonne Strahovski en agent de la CIA dans «Chuck», M6 la beauté d’apparitions latinos et métisses, Canal+ une ex-miss météo du «Grand Journal». Ok, on avait dit: «pas de Françaises», mais là, c’est différent. Quand François Cluzet vous prédit que l’éblouissante Louise Bourgoin ira loin au cinéma, zéro discussion possible. Pas plus que pour l’Américaine Megan Fox, actuellement sacrée plus belle comédienne du monde à 23 ans. Pas d’accord? Soit, il en va de votre libre-arbitre. Car devant tant d’éclats fantasmatiques, le nôtre ne sait même plus où donner du discernement…
    Ah si: joyeuses fêtes à tous!

    « Merci au Nouvel observateur » et Site du téléobs

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    Le bilan des années 2000 à la télévision française, un roman éphémère

    Lundi 21 décembre 2009

    Par Philippe Vecchi

    Bilan 2000 (1/7): la série

    «Oz» de Tom Fontana

    Photo: La série « Oz »

    On sait bien qu’après lecture de cet article, premier d’une série longue comme les péchés capitaux de la blogosphère, il y aura controverses internes. Tirer le bilan des années 2000 à la télévision française, c’est courir le risque de fâcher les uns en frustrant tous les autres. Mais il faut bien se jeter dans la mêlée comptable, attraper partialement cette décennie des faux et vrais bugs en pointant ce qui subsistera, pour commencer, du triomphant rayon «Séries» (à 80% américaines en clair), après le règne années 90 des «Sopranos» (drama) et de… «Friends» (comédie). Ce clivage assez net a refait surface, avec l’émergence parallèle de productions hybrides haut de gamme telles que «Las Vegas», «Boston Justice» ou «Six Feet Under».

    Photo: La série « Las Vegas »

    Il serait vain d’énumérer tout ce que nous avons aimé («Dexter», «Mad Men», «Californication», «Sur écoute», «les 4400» produits par Coppola, «Deadwood» et pas mal d’autres), comme d’apposer ici tout à fait prétentieusement la mention «Meilleure série des dix dernières années». «La série», ça suffira. Et elle a un nom, deux lettres pour un total chef d’oeuvre criminel, passionnel, déchirant: «Oz» (1997/2003, six saisons en DVD Paramount). Oz, ou le pénitencier fictionnel le plus violent et expérimental des Etats-Unis. Pour vous donner une idée de notre frénésie idolâtre, ces quelque 60 heures de film à suivre impérativement en entier, dans l’ordre et en VO, on les a vues à trois reprises. Comme si, au global, on avait passé une semaine de notre vie à frayer jour et nuit avec le talent immense de Tom Fontana (créateur, auteur, producteur avec Barry Levinson, etc), petit génie italo-américain hébergé par la chaîne HBO. Mais attention les yeux, «Oz», c’est avant tout un trauma permanent. Il y a plus d’atrocités au cours du premier épisode que dans tout «Nip/Tuck»; un condamné italien retrouvé mort par le feu à l’isolement, moult sévices définitifs -comme le tatouage d’une croix gammée par un «Aryen» sur l’intimité d’un avocat naïf, l’un des pivots d’une noria de «héros» répartis en dix groupes religieux, raciaux, sociétaux. Ayant mariné six saisons dans le même jus mi-hardcore mi-allégé en pathos, les acteurs sont extraordinaires, certains devenant paradoxalement nos personnages «amis» (du chef des musulmans aux frères irlandais «no limit» O’Reilly), quand d’autres resteront des repoussoirs mortels (nazis, intégristes, un gouverneur républicain énorme de cynisme assassin, etc). Enfin, c’est peu dire que «Oz» roule contre la peine de mort. Il s’agit même de sa fonction-moteur dans un pays où les faits et statistiques carcérales atterrent. «Oz» n’aura pas changé le système, mais notre vie. Simplement parce qu’on n’attendait pas de la fiction télévisée en longueur quelque chose qui ressemble à du si grand cinéma.

    Bilan 2000 (2/7): la dvdphilie

    Meilleur éditeur DVD cinéma: MK2

    Photo: « Funny Games » de Michael Haneke

    La technologie aura si vite évolué au fil des années 2000 que l’on en a presque oublié que l’apparition officielle du DVD ne remonte qu’à 1995. Les maisons de production ont dû remiser la dégradable cassette VHS au bazar des antiquités instantanées; et puis graver, graver encore des montagnes d’œuvres filmées. Se pose ainsi la question qui divise: quelle société marchande, en France, aura le plus justement assouvi nos désirs de ciné-dvdphiles? Sur un marché où les prix de vente signalent une tendance baissière, renforcée par le succès des magasins cost-killers ou des magazines télé bradant des films populaires, l’offre reste assez optimale. La plupart des grands cinéastes patrimoniaux vivent bien leur nouvelle vie en DVD, mais il faut toujours s’accrocher pour dénicher du Leo McCarey ou Tod Browning. Le principe de notre tour d’horizon étant de pointer une préférence, la nôtre va à la maison MK2. Aujourd’hui dirigée par le jeune (32 ans) et brillant Nathanael Karmitz, fils du producteur homme-orchestre Marin, MK2 est la société indépendante de pointe, dotée d’une politique d’édition remarquable. Initiée par Nathanael Karmitz (avec Truffaut et l’intégrale Chaplin), celle-ci a ensuite été développée par l’excellent Rachid Boukhlifa. Résultat: l’apparition de coffrets «cinéastes» et thématiques (grandiose «les Eternels», 20 films, du «Diable boiteux» de Guitry à Lynch).

    Photo: « Le Kid » de Charlie Chaplin

    Plus une part du gratin des metteurs en scène: Bresson, Dreyer, Gus Van Sant, Resnais, Kurosawa, Chabrol, Kiarostami, Tarkovski, Kieslowski, etc. Au risque d’y laisser parfois des plumes financières pour la beauté arty du geste cinéphile. Grâce à MK2 et sa volonté de pérenniser des films majeurs mais pas toujours plébiscités par le plus grand nombre, Noël 2009 s’enrichira de nouvelles compilations Lang, Murnau, Assayas, ou encore Hedi Slimane, l’influent créateur de mode qui a rassemblé onze films «indé» américains sur la jeunesse en assurant design et photos. 2500 exemplaires/monde sans retirage, le cadeau branché définitif. Dernier symptôme de la ligne éditoriale MK2, la sortie de la première intégrale Michael Haneke, détenteur en prime de l’ultime palme d’or cannoise de la décennie («le Ruban blanc»). L’objet rectangulaire, sobre et chiadé, de l’iconographie à la typographie subliminale, est excitant comme un livre d’art dans une confiserie culturelle. Neuf longs métrages, dont «Code inconnu» et «Funny Games», pics récents d’une filmographie entamée en 1989 mais qui aura surtout épousé comme peu d’autres angoisses vitales et cauchemars criminels des années 2000, entre chocs cliniques fondamentaux et rigueur de l’inventivité formelle. Une trace dans l’histoire du cinéma, cette collection MK2: du strict collector contemporain.

    Bilan 2000 (3/7): la fiction française
    Le phénomène «Plus belle la vie»

    Photo: Comédienne de « Plus belle la vie »

    Sur le terrain de jeu des fictions, cette décennie aura efficacement tiré sa révérence sur le triomphe partout salué de «Braquo», initié et diffusé par Canal+. Dix années de téléfilms, de Josée Dayan à Olivier Marchall, de séries loufoques («Kameloot») en sagas lacrymogènes («Méditerranée»), de valeurs populaires toujours sûres (Mimie Mathy, Ingrid Chauvin) en bides qualitatifs. Mais surtout, les années 2000 auront vu l’éclosion d’un phénomène inattendu, unique dans l’histoire de la télévision française: «Plus belle la vie» a fêté son millième épisode le 11 juillet 2008, une première il est vrai historique. Sur le modèle des feuilletons anglais quotidiens («Coronation Street» au premier chef, qui s’éternise depuis 1960), on en était alors à 9000 heures de tournage, 16000 séquences bouclées, 750000 lignes écrites par un aréopage de scénaristes tournants, et 8160 brushings. Tout avait démarré sur France 3 le 30 août 2004, avec des coûts de production déjà relativement élevés (aujourd’hui à peu près 90000 euros par épisode), mais des audiences médiocres (autour de 7% de parts de marché). Tandis que beaucoup spéculaient sur l’inaptitude de «PBLV» à faire face aux JT, la chaîne qui s’était engagée à diffuser 100 épisodes resserrait les boulons d’intrigues de plus en plus agitées, avec des engueulades hystéros récurrentes, des ruptures adultes, des trahisons adolescentes, et puis aussi des meurtres. Plein. En septembre 2009, on en était à 70 morts. 70! En cinq ans, dans un quartier grand comme le fictif Mistral marseillais, ça vous hisse le taux de criminalité au niveau de celui du Bronx par temps de foudre.

    Photo: Marseille

    On aura tout vu: des fantômes, tout le monde couchant avec tout le monde, une épidémie mortelle, un langage très dessalé, un flic qui se met à la colle avec une pute, des chantages voire des empoisonnements. Et plus l’audience explosait -atteignant les 6 millions de téléspectateurs-, plus le feuilleton s’obscurcissait, jusqu’à se la jouer il y a peu «les Experts Marseille» (avec la fausse mort de Vincent Chaumette). A raison d’au moins 5 millions de téléspectateurs par jour ouvrable, vous pouvez imaginer à quel point les acteurs de «PBLV» sont devenus d’intrusives figures populaires, dont on ne connait pourtant pas le vrai nom. Et même si perdure l’essentiel du noyau dur des héros génériques gravitant autour de Roland le cafetier, aujourd’hui, un chat n’y reconnaîtrait plus ses chiens. Excepté le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, qui a bien compris l’intérêt de récupérer l’affaire ultra juteuse sur le seul mode qui finalement tienne. Si les années 2000 furent au cinéma celles de «Ch’tis» du Nord, elles resteront en télé tout à fait marseillaises. Mais sans l’accent du Sud. Et ça, c’est ce qui persistera pour nous comme le plus grand mystère du truc…

    Bilan 2000 (4/7): l’emblème

    «Tout le monde en parle» de Thierry Ardisson

    Photo: Thierry Ardisson pour « Tout le monde en parle »

    Les années 2000 se terminent et c’est dans notre rétroviseur mental que s’impriment déjà les images d’un passé si proche. D’abord informatives et américaines, des nuées irréelles du 11 septembre 2001 à l’annonce de l’élection d’Obama sur CNN par une journaliste en hologramme mouvant, pour la toute première fois dans l’histoire du direct. Novembre 2009, encore: la reine multimilliardaire de la télévision mondiale, Oprah Winfrey, annonce en pleurant son retrait définitif de l’antenne. A quelques jours d’intervalle, la cinéaste française Catherine Breillat raconte dans un livre («Abus de faiblesse»), puis en en riant sur Canal+, comment Christophe Rocancourt l’a délestée de tout son argent (860000 euros). Quel rapport entre ces quatre événements? Cette idée qu’une image en cache toujours une autre aussi parlante, et que ne subsisteront bientôt de dix années de spectacle télévisuel qu’une rafale de flashs intenses. Mais de grâce, pas d’abus de langage cette fois, laissons les «concepts» aux philosophes et à la télévision ses «formats» et «grilles». Un programme de flux reste une somme de trouvailles imbriquées au carré que l’on cadenasse, dans l’espoir de ratisser le plus large possible sur un marché visé, point barre. Avec quelques exceptions confirmant la règle. Premier de cordée, le cas «Tout le monde en parle». L’émission transgénérationnelle… d’une génération. Ah oui, Breillat sur Canal+, ce récent et formidable moment de télé, c’était chez Thierry Ardisson aussi, mais dans «Salut les terriens», preuve de son manifeste retour en forme avec une émission trop courte mais qui, en quatrième saison, se rapproche en douceur de… «Tout le monde en parle».

    Photo: « Salut les terriens » – Canal +

    Et c’est franchement tant mieux, parce qu’on aurait aimé que Patrick de Carolis ne nous prive pas arbitrairement de ce rendez-vous du samedi soir, auquel un tiers des téléspectateurs se rendait avec le même enthousiasme que les invités, pour qui tout passage signifiait consécration. Il fallait en être et tous ou presque en furent, de la bimbo décorative au penseur anti-Bush. Ardisson venait d’inventer «le talk-show généraliste», l’agora réflexive et mordante (avec le sniper Baffie et la productrice Catherine Barma), secouée de gimmicks visuels et sonores fédérateurs. Mon tout en naviguant du bordel impertinent de ses années Bains-Douches à la rigueur pertinente de l’investigateur aux 300 fiches par émission, pour un bouquet final de 20 heures de montage d’affilée. On peut traiter Ardisson de tous les noms, aimer le détester, fustiger sa morgue, rester bloqué sur «sucer c’est tromper?», il n’empêche que l’animateur aura marqué son temps en nous faisant passer le nôtre de mémorable manière. Comme le show d’Oprah Winfrey justement, «Tout le monde en parle» aurait pu durer 25 ans. Aurait dû: encore merci pour le gâchis.

    « Merci au Nouvel observateur » et Site du téléobs

    À SUIVRE…

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    JOYEUX NOËL

    Dimanche 20 décembre 2009

    Par Elsa Vecchi

    En sillonnant Montréal, on découvre des petites perles d’illuminations et de décorations… cela se passe même de commentaire … De quoi faire briller nos yeux d’enfant, n’est-ce pas Guillaume? Et vous, laquelle est votre préférée?

    Photo: Guillaume Alcaraz

    Photo: Guillaume Alcaraz

    Photo: Guillaume Alcaraz

    Photo: Guillaume Alcaraz

    JOYEUX NOËL À TOUS!!!!!!

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    Le designer Philippe Dubuc reprend la création pour femme!

    Jeudi 17 décembre 2009

    Par Elsa Vecchi

    Philippe Dubuc, l’un de mes designers chéris reprend la création pour femme dans le cadre d’une collaboration avec les grands magasins Simons pour l’automne-hiver 2010-2011. (depuis 3 ans, le créateur se consacre uniquement à ses collections pour homme).

    philippe_dubucPhoto: Philippe Dubuc

    C’est une bonne nouvelle, non? J’ai envie de sauter de joie et de m’écrier: Youpi, cool, enfin, yeahhhhhhhhh. Ma dernière acquisition chez le créateur Montréalais fut une magnifique cape, il y a 4 ans déjà. Vous voyez ce genre de vêtement dont on ne se lasse jamais jamais jamais et que l’on porte avec un jean slim, long pull et talons vertigineux… toutes ces années plus tard, je commençais à désespérer et implorer quelques divinités lointaines lorsque j’appris de la bouche même du designer: « je reprends la femme… ». Ni une ni deux, je m’empresse d’en savoir plus…

    Dis Philippe, de quoi sera faite cette collection en collaboration avec Simons?

    Philippe Dubuc: C’est une mini collection de 20 styles pour la division “Icone” de chez Simons. Cette collection, c’est la femme artiste, la femme d’action, la femme rock and roll. Je l’ai intitulée “Unes femme”: une pour la singularité de la collection. Unes avec un “S” pour les différentes filles que vous portez en vous, tantôt femme, tantôt homme, forte et vulnérable à la fois structurée et déconstruite. J’ai utilisé mes matières fétiches: tel le cupro lavé, les cotons enductions, le voile de soie, le coton chiffonné.

    Pour piquer ma curiosité, il y aura des robes, des… et des…

    Philippe Dubuc: Il y aura des vestes courtes, des robes tuniques aux détails ergonomiques, aux découpes architecturales et finitions à vif. C’est une collection décomposée comme si vous aviez mixé plusieurs pièces sans raison. J’aime l’idée que cette collection s’adresse à un grand bassin de la population à des prix abordables et dans une authenticité créative.

    Créer pour la femme t’a manqué?

    Philippe Dubuc: Je ne peux pas me passer d’elles!

    Est-ce que tu vas refaire une collection homme avec Simons, comme tu l’as déjà fait?

    Philippe Dubuc: Ils représentent notre collection homme depuis maintenant 12 ans et j’en suis ravi. Ce que je peux te dire, c’est que la collaboration Dubuc Femme et Simons sera de longue durée.

    Dubuc 1

    Photo: Défilé Philippe Dubuc AH 2010

    Quel est ton Noël parfait?

    Philippe Dubuc: Prendre du temps de qualité, un moment qui nous permet de s’arrêter un peu. C’est assez rare de s’arrêter un peu et d’écouter les autres… et bien sûr de la neige à profusion!

    Joyeux Noël Philippe!!!

    dubuc2Photo: Défilé Philippe Dubuc AH 2010

    Site Philippe Dubuc

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