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  • Archives pour septembre, 2010

    Fred Sathal, une créatrice haute couture

    Lundi 27 septembre 2010

    Par Elsa Vecchi

    Artiste « protéiforme » : c’est le titre que Fred Sathal aime avancer lorsqu’on la rencontre. Elle se plaît à parler de son expérimentation du vêtement à travers les décennies, allant des défilés haute couture aux installations artistiques, en passant par les costumes de scène. En témoigne Sathal Creatures, un recueil étonnant de ses œuvres dans lequel il n’est pas question de révéler sa technique de teinture du vêtement, l’un des secrets les mieux gardés au monde.

    J’ai eu l’immense plaisir de rencontrer Fred Sathal lors de l’une de mes émissions dominicales (en France) tournée à Marseille, c’est là que notre artiste protéiforme évolue et exerce son art depuis toujours. Et puis cet été, la belle Marseillaise a décidé de poser ses valises à Montréal le temps d’une parenthèse enchantée et créative… Guillaume Alcaraz a sauté sur cette occasion rêvée pour une séance photo exceptionnelle que je vous laisse découvrir … en attendant son prochain défilé haute couture à Paris, en janvier 2011. À venir un long entretien avec Fred la créatrice de mode: un parcours étonnant, une vision de la mode unique…

    Le petit mot de Fred Sathal:

    QUAND DAVID HABILLE GOLIATH  »

    DE PASSAGE A MONTREAL FRED SATHAL OUVRE SA VALISE A JOY ( CHANTEUSE ET ACTRICE ),DONNANT LIEU A UNE DEAMBULATION PHOTOGRAPHIQUE DANS LE QUARTIER PLATEAU MONT ROYAL///
    /UNE GARDE-ROBE IMPROVISEE///
    D’UN CORPS A L’AUTRE…………..

    Photos: Guillaume Alcaraz

    Merci à Fred, Joy et Guillaume.

    Univers de Fred Sathal

    Livre Sathal Creatures

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    Babx en concert parisien, french blues d’automne

    Lundi 20 septembre 2010

    Note spéciale de Philippe Vecchi

    Régulièrement, vous retrouverez dans « Guest-stars » des plumes invitées, connues ou moins connues, à qui carte blanche est donnée. Aujourd’hui, Ivan Schneiderlin. Bibliomane & graphomane né à La Mulatière (Rhône), a participé à l’épopée des radios locales privées (Radio Bellevue), options jazz (tendances Creed Taylor, Herbie Mann, Art Ensemble of Chicago) et rock (Billy Preston, Screamin Lord Sutch ?). Survit actuellement de sa plume dans diverses publications, sur le web et dans le print. Dernière publication : « Les Armées de la nuit », édition rare à 30 exemplaires, un livre radical évoqué dans « Vues de Paris » (Serge Versqui Ed). Un écrivain/journaliste exceptionnel qui nous parle aujourd’hui de Babx, en concert à Paris.

    Babx en concert parisien, french blues d’automne

    Par Yvan Schneiderlin

    Photo: Yvan Schneiderlin

    D’abord un fort dossier de presse tressé en laurier au vainqueur du jour : « Musique définitivement organique, parfois tendue, parfois languide, toujours sensuelle », où « des fanfares déglinguées arpentent un monde en ruine ». Entre Monk (Thelonious), Billie Holliday, Brigitte Fontaine, la critique s’est enflammée pour Babx, le nouveau baudelairien total, « jeune homme à la voix de crooner décadent ». Voyageur désenchanté, égaré imaginaire, physique hirsute, mais propre sur lui –et quel sourire, né il y a près de trente ans, formé au piano dans le salon de musique de maman, Babx (David Babin) est issu d’une famille profondément (et professionnellement) mélomane, dit-on.

    Jeune premier déjà légendaire, chargé à bloc dès l’adolescence en disques de Brel, Tom Waits ou Ahmad Jamal, BabX s’est fait la main en composant pour la scène théâtrale. C’est en passant à la chanson, qu’il s’est entouré de deux pointures rares du métier : le magicien Oz Fritz au son (Bill Laswell, Fred Frith…), et la guitare fuligineuse de Marc Ribot, le « crazy frenchman » new-yorkais absolu des dingues de Gibson vintage (tapez « Experimental, Punk, French pop music singles » sur Google) et des meilleures productions d’Alain Bashung, Elvis Costello, Tricky, Tom Waits, Lou Reed…

    Photo: Babx

    2010 : chanteur, auteur compositeur, élégant posément déglingué, toujours très appliqué, le visionnaire Babx traîne un spleen électrique très jabots et dentelles du Japon à Islamabad ou Little Odessa, l’une des perles du somptueux « Cristal Ballroom » (chez Warner), deuxième album et stupéfiant disque de salon, riche –ne soyons pas trop vaches d’au moins trois titres sublimes à ré-écouter ad libitum. Beaux textes et arrangements musicaux savants limite saturés, Babx invite depuis à découvrir de temps à autre sur scène les sons et lumières d’un éclectique cabaret cousu main, sinistre et grandiose. Comme on l’aime, à « Little Odessa »… Pas vraiment mainstream, et déjà adoré des copines.
    I.S.

    Babx, en concert à Paris le 18/10/10, à La Maroquinerie, 19h30.

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    Tendances automne-hiver 2010-2011

    Lundi 13 septembre 2010

    Par Elsa Vecchi

    Voici mon carnet de tendances AH 2010/2011 pour le dernier numéro du Kill Magazine dont je suis la rédactrice en chef mode – une édition automnale « Spécial Ville ».

    Absolument MODE:

    L’hiver prochain annonce le retour de « l’Executive Woman » se damnant pour un pardessus porté sur un tailleur pantalon très masculin-féminin ou une jupe droite ligne A. Finies extravagance et folie des années 80,  le noir domine ces collections au chic sobre et intemporel éclairées par la palette des camel, des pointes de rouge et de bleu officier à côté desquelles on ne pourra pas passer tout comme les matières protectrices, les manteaux, la fourrure à foison. Les créateurs semblent annoncer une fin d’année rigoureuse…

    Voici nos coups de coeur à travers ces 5 grandes tendances: « My Tailor is rich », « Ultra Minimalisme » , « À Poils! », « Élégante » et « Drôles de Dames ».

    MY TAILOR IS RICH !

    Photo: Défilé Hermès AH 2010/2011 – Crédit: Figaro Madame

    HERMÈS : « Emma Peel »

    Dans son dernier défilé pour Hermès, Jean-Paul Gaultier voit les femmes en Emma Peel  « très chapeau melon et cuir croco  ». On aime cette silhouette : pardessus en cachemire beige à porter sur un complet masculin trois pièces et cravate noire. So chic.

    Alexander Wang : « Masculin-féminin »

    Le designer américain excelle dans l’art de revisiter le masculin-féminin. Il déconstruit le pardessus, la veste d’homme ouverte sur le ventre et la queue-de pie portée en jupe. Il annonce le grand retour du velours ras, une tendance à surveiller de près, qu’il sait rendre ultra sexy.

    Givenchy : « Tailoring »

    C’est l’illustration parfaite du courant « tailoring ». Ici, le tailleur pantalon ou jupe règne en maître s’éclairant de pointes de rouge géranium, l’une des couleurs fortes de l’hiver prochain, enrichi de cuir, de dentelles et de velours sombre. Voilà de nombreuses pistes à étudier.

    Ultra Minimalisme :

    Photo: Défilé Yves Saint Laurent AH 2010/2011 – Crédit: Figaro Madame

    Yves Saint Laurent : « Élégance sévère »

    Stefano Pilati revisite les fondamentaux de la maison pour des modèles essentiellement noirs, épurés presque à l’extrème, comme ces capes à la limite de l’austérité, ces jupe à mi-mollet, ces robes sublimes et chic dont la mousseline laisse deviner subtilement monts et merveilles.

    Ève Gravel : « Naturellement féminine »

    « En noir et noir » semble être la devise de la créatrice, se jouant des matières pour des effets mats, brillants, texturés comme ces leggings portés simplement avec un pull ajusté ou ces mini robes se parant de détails de dentelles ou de transparences pour une garde robe contemporaine et sans fioriture.

    Céline : « Less is more »

    Deuxième défilé pour Phoebe Philo chez Céline qui excelle dans un minimalisme subtil et raffiné. On aime ce sous-pull en voile de cachemire ou cette jupe sous le genou dévoilant subtilement une jambe galbée et renouvelant ainsi les codes du sexy.

    A poils !

    Photo: Défilé Viktor & Rolf AH 2010/2011 – Crédit: Figaro Madame

    Viktor and Rolf : « Froid polaire »

    Les couturiers néerlandais semblent annoncer une fin d’année très  rigoureuse. Il va falloir se couvrir à l’extrême, superposer pulls, manteaux et plaids… ornés de fourrure. Cela donne une collection modulaire absolument spectaculaire allant du XXL aux XXS.

    Marc Jacobs : « Chic frileuse »

    La femme de l’hiver prochain succombera à la fourrure par petites touches comme ce boléro porté sur une robe sage lorqu’elle n’optera pas pour un manteau plus imposant à l’élégance chic révélant une grande jupe gris perle en lainage, un chandail aux manches croisées sur dos nu ou un costume trois pièces en prince-de-galles.

    Chanel : « Teddy Bear »

    Karl Lagerfeld se révèle soudainement très « écologiquement correct » en introduisant de la fausse fourrure pour la première fois dans l’histoire de Chanel. Reste à savoir si les clientes de la rue Cambon succomberont au synthétique.

    Drôles de Dames :

    Photo: Défilé Choé AH 2010/2011 – Crédit: Figaro Madame

    Chloé : « Ultrabeige »

    Hannah Macgibbon voit l’hiver en ultrabeige, l’incontournable de la saison, pour une collection magnifiquement évocatrice des 70’s en témoignent ces blouses de soie cravatées sur costume pantalon à chevrons, grand manteau camel, jupe évasée en cachemire. Une nostalgie de très bon goût.

    Barilà : « Rockstar »

    Nos drôles de dames prennent des allures de rockstars carénées dans ces leggings lacés à découpes ergonomiques sur « marcels » métalliques ou ces mini robes façon cuir enfilées par magie tant elles épousent les formes. De quoi électriser un régiment entier.

    Balmain : « Jetsetteuse »

    Christophe Decarnin égal à lui même poursuit sa quête de sex appeal avec cette garde-robe encore une fois coupée au cordeau. Les pantalons ultra-slim se parent de paillettes, le blazer marine épouse magnifiquement la taille pendant que les vestes, pardessus et blouses se font en crêpe de Chine. Et que ça brille !

    Élégante :

    Photo: Défilé Denis Gagnon AH 2010/2011

    Denis Gagnon : « Électrique »

    Le créateur pousse d’un cran son exploration sur le zipper amorcée la saison précédente. Il tisse un vestiaire à la dégaine toujours rock métissé de subtiles évocations des années 20, en témoigne son travail sur les franges soyeuses ou ces subtils crochets ajourés.  On aime cette somptueuse « robe zipper » couleur or flirtant avec la haute couture.

    Pink Tartan : « Pretty woman »

    Kimberley Newport-Mimran se joue des gris perle, souris ou anthracite quand elle ne succombe pas au noir ou blanc. On aime cette collection très féminine à l’image de cette robe col châle, ce blouson zippé porté sur mini brillante ou encore cette robe noire épurée aux épaules ornées de fourrure.

    Orange by Angela Chen : « En noir et blanc »

    On aime ce parti pris bicolore avec un coup de cœur particulier pour cette robe épurée manches évasées à l’élégance presque austère.

    Site du Kill Magazine

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    Philippe Dubuc pour Simons, et un scoop!

    Dimanche 5 septembre 2010

    Par Elsa Vecchi

    Il y a quelques mois de cela, j’avais le plaisir d’être la première à vous annoncer l’excellente nouvelle « Philippe Dubuc (mon créateur de mode chéri) reprend la création pour femme ». Aujourd’hui, alors que je m’entretenais avec le designer, à la question « Tes projets à venir ? », il me révéla en avant-première « je trouve banal les vêtements de sport pour homme…. Je suis en pourparler avec des gens pour une collection sport actif ». Et oui messieurs pour notre plus grand plaisir et le votre, vous allez prochainement pouvoir  glisser vos muscles saillants lors de vos longs joggings ou autres sessions sport dans des t.shirts et pantalons signés Philippe Dubuc. Voilà… en attendant d’en savoir plus sur cette future association, je vous propose de découvrir quelques unes des 16 magnifiques silhouettes de sa formidable collection capsule pour Simons intitulée « Unes femmes », un titre en forme de clin d’œil à toutes celles que nous sommes au cours de la journée – Disponible dès le 8 septembre chez Simons

    Des photos de Richard Bernardin.

    Site Philippe Dubuc

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    «Mad Men» sur Canal+, ou l’obsession vintage des sixties new-yorkaises

    Jeudi 2 septembre 2010

    Par Philippe VECCHI

    Manhattan, une agence de publicité chic sur Madison avenue, au début de l’année 1963. Marilyn n’est plus depuis quelques mois, le président Kennedy va passer l’arme à gauche à Dallas, et la Sterling Cooper Advertising Agency est soumise à la rigueur toute capitaliste d’un nouveau directeur financier, dépêché de Londres pour faire tomber les têtes en interne. Un «cost killer» avant l’heure en guise de repoussoir pour la saison 3 (sur six prévues) de «Mad Men», diffusée dès la mi-septembre sur Canal+.

    On vous alerte pour que vous puissiez rattraper un éventuel retard (deux grandes saisons déjà dans la vue). «Mad Men» a saisi que le milieu émergent de la pub, situé à la croisée de toutes les problématiques sociétales (racisme, homophobie, sexisme ambiant…), pouvait être le creuset d’une combinaison d’intrigues plongeant dans une époque «rêvée». Prospérité économique sur fond de Guerre froide, explosion de la middle-class et expansion de la high society, l’Amérique non prolétaire s’éclate dans une ambiance saturée d’alcool et de tabac. C’est l’anti-prohibition: stupéfiant de voir à quel point les personnages s’envoient non-stop des hectolitres de Bourbon derrière la cravate, tout en décimant les paquets de cigarettes. Notamment des Lucky Strike -le logo, l’un des plus connus au monde, fut créé en quelques minutes par l’immense designer Raymond Loewy-, firme dont la Sterling s’occupe sur le terrain publicitaire.

    Photo: Série Mad Men

    L’agence ne manque pas d’annonceurs prestigieux, mais il lui faut se battre d’arrache-pied pour préserver cette masse de clientèle volatile, toujours prête à décarrer vers d’autres horizons si la moindre campagne lui déplait. C’est là que se situe la guerre externe de «Mad Men». Mais on y dénombre aussi beaucoup de conflits internes, et là, ça tire dans tous les sens. Et comme il faut toujours une figure de «parrain» dans un film où la mode est au costume-cravate et au Borsalino, celui de la série s’appelle carrément Don (fantastique Jon Hamm en patron de la «créa»). Dans un halo de fumée permanent, les stylos ont remplacé les revolvers et l’on se flingue à coups de concepts dans une atmosphère déliquescente. Au rayon «endoctrinement des citoyens à l’heure de la consommation de masse», Don est un cador à l’intransigeance moralement assassine, un mélancolique perçu surtout comme ultra cynique, roulant stricto sensu pour lui-même. Reconstruit sur des ruines à la faveur de l’arrivée prochaine d’un troisième enfant, son couple d’apparence idéale comme une gravure de mode est au bord du collapse. L’épouse de Don, Betty Draper, est interprétée par la canon January Jones, blonde délicate sapée dernier cri, mais qui vit très mal sa grossesse solitaire, durant laquelle elle fume comme un pompier (ce qui n’est pas excessivement recommandé), tout en entretenant des rapports étonnamment distants avec sa marmaille.

    Photo: Betty Draper « Mad Men »

    Il y a dans «Mad Men» une froideur inhabituelle dans les rapports familiaux, sans doute propre à énerver les lobbies américains familialistes bien-pensants. Champion du monde de l’adultère au pays des femmes belles et radieuses, Don est aussi un symbole de la réussite de ces blancs middle-class, mais cachant un passé dont son épouse ignore tout. Comme vous peut-être pour l’heure, en attendant de sauter du grand plongeoir d’un premier épisode/saison 3 tout à fait extraordinaire. On a rarement vu une entrée en matière aussi fracassante, avec d’une part un voyage sexuellement mouvementé à Baltimore, et d’autre part la nomination au même poste de directeur de clientèle de deux jeunes loups aux dents longues qui vont naturellement s’entre-déchirer. Difficile (mais possible tout de même) de voir chaque épisode au pif, dans le désordre. Il est clairement recommandé de s’accrocher au bastingage de ce bateau de croisière en suivant scrupuleusement le cours naturel des treize épisodes programmés chaque jeudi soir sur Canal+, en deuxième partie de soirée, dans la mesure où les intrigues évoluent de concert en se référant aux événements antérieurs. En résumé, il s’agit là d’un long film de 13×45 mn, toujours volontairement assez statique, dégraissé de tout artifice musical, avec des dialogues au couteau et une image somptueusement raffinée «vintage». «Mad Men» travaille dans l’épure pour la restitution d’une esthétique élégante et colorée, et ce n’est pas un hasard si la série influence aujourd’hui jusqu’aux plus grands créateurs de mode.

    Photo: Mad Men saison 3

    Chouchou absolu des magazines fashion, ce phénomène télévisuel de premier ordre a inspiré Rochas qui présenta à Paris une collection complète «Mad Men»; la marque Brooks Brothers a proposé carrément… 250 costumes différents, tous gris et coupés sixties; Prada ou encore Tom Ford, excusez du peu, ont eux subtilement intégré à leurs défilés le fameux «trading up Steve Mc Queen» de la série. Plus étonnant, il existe même un couple de poupées Barbie/Ken ajusté comme Don et Betty Draper. A quand le retour dans les rues parisiennes du total look sixties, comme si la France d’aujourd’hui plongeait en totalité dans cette nostalgie obsessionnelle d’un monde qu’elle n’a connu qu’à travers le cinéma et les images informatives en provenance de chez Tonton Sam? Tonton Sam? On devrait essayer, commencer par une journée Mad Men, et il n’est pas dit que la clientèle du fameux café de Flore reviendrait le lendemain à ses habitudes vestimentaires. Ce serait sur-réel, mais avouez-le fort branché, comme un tour de calèche à travers les âges.

    Photo: Mad Men saison 3

    Au final, le tour de force de «Mad Men», c’est d’avoir adopté un filmage lent mais dense donc non-publicitaire pour embrasser le monde de la réclame. C’est la gageure intelligente relevée avec grandeur par le «créateur» de la série, Matthew Weiner, déjà producteur et scénariste sur… les «Soprano». Avec un cursus précoce tel que le sien, et sa réussite sur toute la ligne, m’est avis qu’on n’a pas fini d’entendre parler de ce prodige de 45 ans, dont on attend encore des heures et des heures et des heures de cinéma gracieusement maquillé en production télévisuelle très haut de gamme. Pour preuve ultime: l’épisode 12 est réalisé par le grand cinéaste, Barbet Schroeder (« le Mystère von Bulow », « JF cherche appartement », « l’Avocat du diable »). Car si même les meilleurs s’y mettent, on va un jour finir par occulter les films en salles, ce qui d’ailleurs nous évitera les désagréments du pop-corn plein pot et des conversations débiles au portable.

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