Le festival de Cannes et «Variety» contre Google Traduction
Jeudi 12 mai 2011Par Philippe Vecchi
Les Français n’ont absolument pas la facilité des Québécois en matière de pratique de la langue anglaise. Pourtant, nombre d’informations scoopesques sur le festival de Cannes figurent dans le magazine professionnel «Variety». Nous nous sommes lancés dans une périlleuse entreprise de traduction… Le festival de Cannes c’est parti et bien parti, et avec lui la prose au kilomètre de milliers de journalistes internationaux plus ou moins crédibles comme critiques, rendus au finish mi-zinzins mi-hébétés par une avalanche de longs métrages tombant en priorité de la Sélection officielle. Aux États-Unis, le magazine professionnel de référence «Variety» a comme d’usage jailli des starting-blocks en vue de sortir son édition papier et web quotidienne, très lue à Cannes, et qui n’a pas toujours fait preuve d’une infinie tendresse à l’égard du cinéma français (on se souvient de l’année 2003 par exemple, en plein bug franco-américain, quand tous nos films sans exception furent partialement laminés, la critique de «Mais qui a tué Bambi?» de Gilles Marchand se terminant par la formule «DOA» -soit… «Mort A l’Arrivée», sympa). Il nous fallait donc surfer sur le site officiel de «Variety» pour prendre la température des temps ambiants ciné-diplomatiques, lorsque surgit cette question: mais comment ferait un lecteur français non-anglophone pour accéder en cas d’urgence à ces informations cruciales? En faisant appel aux services du site Google Trad, bien sûr, logiciel de traduction du moteur de recherche vanté comme fiable. Fiable, certainement, mais jusqu’à quel point? Examinons l’affaire. Premier constat: un seul film américain en Compétition officielle cette saison, «The Tree of Life» de Terrence Malick, autant dire une peau de chagrin.
Réaction du magazine en ligne: «Malick est le réalisateur américain en compétition seulement, si les articles se tourner vers la barre latérale caractéristique plus Yankees». Là, oui, c’est déjà plus limpide. Pour en savoir plus, «Variety» a aussi questionné le Délégué général du festival (son sélectionneur officiel depuis dix ans, en clair), Thierry Fremaux: «Fremaux a dit que, bien que de variétés, pas beaucoup de films américains ont en effet été soumis cette année, les producteurs retiré après avoir décidé d’un lancement Cannes ne serait pas bon stratégie de marketing du film». Réinventer la langue française à ce point de précision martienne laisserait pantois un grammairien de l’Académie Française… Interloqué, on poursuit, enfin rassuré, car «le festival est devenu un environnement de plus en plus généreuse et accueillante pour les billets d’Hollywood». Le climat se serait donc réchauffé, Hollywood considérant toujours Cannes comme le plus important festiv… non: «marché» du monde du cinéma, mais pas nécessairement idéal en position «rampe de lancement officielle pour gros blockbusters estivals». Ne pas oublier non plus les efforts du patron du festival Gilles Jacob: cinq des dix derniers présidents du jury cannois, pas moins, ont battu pavillon américain, Robert de Niro endossant cette année le rôle.
Photo: Jury du 64ème Festival de Cannes avec pour président: Robert de Niro
Entre Jude Law et Olivier Assayas, il devra sortir de son mutisme légendaire, qui le rend d’ailleurs à peu près ininterviewable (nonobstant son intelligence patente et son pur talent de metteur en scène). Pour «Variety», toujours passé à la moulinette de Google Trad, «Robert De Niro a été sollicité à servir comme président du jury, le renouvellement de sa relation de longue date à l’événement. Il a une plus grande appréciation pour le jury, qui servent, entreprise un rôle important dans le choix des films qui sont représentés dans le monde du cinéma à son plus haut niveau». Voilà chers lecteurs du blog d’Elsa. On espère que vous y voyez désormais un peu plus clair grâce à cet outil informatique fabuleux, qu’on applaudit bien fort pour sa relecture surréaliste des aventures décidément bien conventionnelles de la planète cinéma, surexposée jusqu’à l’overdose pendant douze jours et autant de nuits de folie.

















Bonjour et bienvenue. Dans « Une Parisienne à Montréal », je vous ferai découvrir Montréal et ce qui en fait pour moi une ville unique, étonnante et surprenante. Je vais rencontrer les designers, les artistes au sens large, mais aussi tous ces Français qui se sont installés ici et qui font vibrer cette grande ville bilingue multiculturelle. Je vous révélerai leurs histoires, leurs coups de cœur, leurs bons plans, leurs bonnes adresses. De l’autre côté de l'Atlantique, Philippe Vecchi partagera avec nous ses vues de Paris.