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  • ÈVE GRAVEL: UNE CRÉATRICE DANS L’AIR DU TEMPS

    20 avril 2010 par Elsa

    Par Elsa Vecchi

    À Montréal, lorsqu’on accole les mots « petite » « robe » et « chic », on pense forcément à la designer Ève Gravel, une jeune trentenaire prolifique enchainant les collections, 16 en tout (déjà!), toujours très bien accueillies par la presse. Au fil des saisons, elle oscille entre « rock » et « jeune fille en fleur » à l’image de ce qu’elle est, passant des crayons et planches à dessins à sa moto digne de « Easy Rider ». Tête-à-tête avec une créatrice dans l’air du temps sans chichi et très chic.

    Photo: Ève Gravel

    Parle-moi de ta collection du Printemps/été…

    Ève Gravel : C’est un mix entre romance et rock. Il y a des pantalons « skinny » et des robes avec beaucoup de volume, très légères. Côté couleurs, les gris, les noirs, les crèmes dominent. Il y a un vrai mélange de matières : coton, denim, lin.

    Comment travailles-tu ?

    EG : Je crée ce que j’ai envie de porter. Je suis également à l’affût de l’air du temps, je m’inspire de la rue, des gens, des voyages. J’y vais vraiment à l’instinct et selon les matières disponibles sur le marché, les créateurs, nous sommes très dépendants des matières.

    On entend dire partout «  c’est difficile d’être créateur de mode à Montréal ». Qu’en penses-tu ?

    EG : En fait… la femme québécoise n’est pas une fille qui s’habille spécialement. Pour faire un parallèle avec Toronto, là-bas tous les prétextes sont bons pour s’habiller. Au Québec, on est plus « basics », t.shirts confortables… On va se poser la question inverse des Torontoises «  à quelle occasion, vais je pouvoir porter cette robe ? » et non pas « toutes les occasions sont bonnes » …

    Photo: Défilé Ève Gravel – P/E 2010

    À quand ton magasin en nom propre?

    EG : Je n’ai pas envie de m’en occuper, mais si cela te dit (sourire)… J’aimerais ouvrir un endroit avec quelqu’un qui souhaite s’en occuper comme une sorte de franchise. Moi, je travaille déjà 70 heures par semaine, alors tu vois…

    Parle-moi stp de ta collection de l’hiver prochain…

    EG : C’est toute la garde-robe d’une femme au cours d’une même journée : des robes habillées au jean plus skinny pour le soir. Je me suis amusée à me mettre en situation du saut du lit pour aller travailler, à la soirée. Mes inspirations vont des années 40 aux années 80: sensualité – énergie et folie.

    (Pour avoir vu le défilé bien-sûr, j’ajouterai: des leggings portés simplement avec un pull ajusté, des mini robes se parant de détails de dentelles, de transparences aux évocations « panthère » ou de paillettes.  Les petites vestes de tailleur et les chemisiers aux imprimés félins prennent de la carrure pendant que les tailles se soulignent de fines ceintures – évocations des années 80.)

    Est-ce que tu dessines tous tes modèles?

    EG : Oui, en général, je m’enferme pendant une semaine dans un chalet isolé. J’apporte avec moi des images d’inspiration, des couleurs, des paysages de fleurs, d’arbres (ça c’était pour la dernière collection – même s’il n’y a au final aucun motif dans ce goût là), bref j’apporte plein de matières. La dernière fois, j’ai dessiné une 30ène de modèles ensuite, je présente le tout à l’équipe de création. Notre souci est d’essayer de toucher le plus grand nombre de personnes – puis vient le moment des patrons – les essayages. Pour finir, j’essaie tous les modèles et si je ne me sens pas bien dans l’un d’eux, je l’élimine.

    Donne-moi stp « ton top 3 SEXY » tiré de ta collection du Printemps-été ?

    EG : Un jean noir skinny et un top loose porté avec un boléro – long devant, court derrière – pour le côté rock: la silhouette se nomme MILORD. En 2, je te dirai, une petite robe à pois dont le bas est circulaire avec énormément de tissu très léger. C’est pour le côté “Pretty woman”, c’est d’ailleurs le nom de la robe. En 3, une robe très ajustée super confortable. “The Moon” est un modèle génial qui convient à toutes les silhouettes. C’est déjà un best-seller!

    Photo: Modèle Milord / Collection Ève Gravel P/E 2010

    Photo: Modèle « The Moon » – Collection Ève Gravel – P/E 2010

    Derrière une allure plutôt “fragile”, tu es une vraie bikeuse!

    EG: (Sourire) : J’ai une passion pour la moto! Je vais la sortir d’ici quelques jours. C’est d’ailleurs une histoire de famille, mon grand-père, tantes, oncles, parents font de la moto. Je vais te faire une confidence, cet été, on part tous en Virginie en moto.

    Et ton chéri?

    EG: Bien-sûr, lui aussi. J’ai commencé la moto avant lui puis il s’y est mis.

    Site officiel Ève Gravel

    Les modèles d’Ève Gravel sont disponibles chez UNICORN (très jolie boutique du Boulevard St Laurent)

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    LA MAGIE DES SENS

    14 avril 2010 par Elsa

    Par Elsa Vecchi

    Tête-à-tête avec Jean Colas, le vice-président de Lotus Aroma.

    Lotus Aroma est aujourd’hui le chef de file au Canada dans l’univers quasi mythique de l’aromathérapie – proposant des soins pour le corps allant des huiles essentielles, aux shampoings en passant par les gels de massage, en tout 81 produits dont 32 huiles essentielles aux multiples vertus. Site de Lotus Aroma


    Entretien avec un homme intarissable sur le pouvoir de l’olfactif :

    L’olfactif est le premier sens opérationnel ?


    Jean Colas
    : L’odorat est le plus primitif de nos sens, celui qui fut le premier à apparaître dans l’histoire de l’évolution. C’est aussi le 1er sens qui se manifeste lorsque l’on naît. Un nouveau-né se dirige naturellement vers le sein de sa mère. Au bout de 3 jours, il est capable de reconnaître le lait maternel entre tous. L’odorat, c’est aussi le 1er sens à disparaître quand on vieillit. Dans un tout autre registre, l’expression française “je ne peux pas te sentir” vient de la nuit des temps, dans la préhistoire, on se saluait en se sentant.

    Parlez-moi des vertus des huiles essentielles. Prenons la lavande et la citronnelle…

    JC: Pour commencer, il faut s’assurer de leurs provenances, ensuite elles ne doivent pas être utilisées n’importe comment. La citronnelle fait fuir les mouches et les moustiques. Vous savez, l’huile essentielle provient de la partie reproductive de la plante. Elle va tantôt attirer les insectes pollinisateurs ou alors les faire fuir. Pour parler de la lavande vraie et non du lavandin, l’huile essentielle de lavande vraie a de nombreuses vertus: elle est anti-fongique et anti-bactérienne, elle calme, stimule et rééquilibre, quelques gouttes sur le corps suffisent.

    On parle d’aromathérapie…

    JC: Exactement, c’est le soin des maux par les huiles essentielles.

    J’aimerais que nous revenions au pouvoir de l’olfactif. Ces odeurs qui marquent notre vie…

    JC: Oui … qui ne s’est pas un jour trouvé envahi par des souvenirs d’enfance en passant devant une boulangerie ? Même très légère, l’odeur d’un gâteau qui cuit ne nous ramène-t-elle pas immanquablement à la conscience des moments très précis de l’époque où nous étions encore écoliers ? Que dire de l’odeur de café frais moulu qui nous enivre en entrant chez un torréfacteur ou dans un café, ou de ce plat parfumé qui fait monter l’eau à la bouche et nous met en appétit ? Il y a des exemples à l’infini. La force de l’olfactif est incroyable dans le monde animal: un ours blanc est capable de reconnaître l’odeur du phoque sous 1 mètre ½ de glace. Un requin est capable de repérer l’odeur du sang à 100 kilomètres. Le pouvoir de l’olfactif est incroyable!

    Votre vision du marketing sensoriel?

    JC: Ah, j’y crois vraiment! Par exemple, qu’est-ce qu’il y a de plus rassurant que l’odeur du café et d’une tarte aux pommes … si je devais vendre un appartement, je diffuserais ces odeurs!

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    TENDANCES PRINTEMPS 2010

    12 avril 2010 par Elsa

    Par Elsa Vecchi

    J’avais envie de partager avec vous mon carnet de mode pour le tout nouveau Kill Magazine – carnet réalisé avec Ewa Bilinska.

    Pour tout savoir sur les tendances du Printemps-Été, tout est dans le Kill du Printemps, un numéro TRÈS POP.

    Site du Dress to Kill Magazine

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    Bons plans montréalais

    9 avril 2010 par Elsa

    Par Elsa Vecchi

    Expo, shopping, spa, n’est-ce pas le cocktail parfait? Voici trois idées pour se faire plaisir… parce qu’il  n’y a pas de mal à se faire du bien. Voici quelques extraits de me chroniques quotidiennes pour le Guide en ligne Vitamin. C’est chouette la vie…

    On commence par une exposition à ne pas rater… je vous ai légèrement menti dans le titre puisqu’elle se tient au Musée des Beaux Arts de Québec. Il faudra faire un léger crochet de 250 km au nord de Montréal pour se propulser au coeur de l’âge d’or de la haute-couture…

    Site de l’exposition

    Photo: Christobal Balenciaga – Robe grand soir, vers 1955, taffetas de soie.

    Après 2 heures de pérégrinations… entre films, photos et modèles d’époque à se damner, de quoi aurez-vous besoin? Un massage, un soin du visage bref d’Enaam Takla, la grande prêtresse des soins du Dr. Hauschka à Montréal.

    Site Dr. Hauschka

    Pour vous dire la vérité, ce fut l’une des premières fois où je me suis totalement assoupie lors d’un soin. En général, il y a comme une petite résistance nous empêchant de nous abandonner totalement dans les bras de Morphée, et bien pas avec Enaam Takla, la douceur incarnée.

    Pour terminer ce parcours santé, une séance shopping chez les soeurs Barilà s’impose.

    Il y a peu de temps, leur défilé annonçant l’hiver 2011 a conquis le public avec une collection nous propulsant au coeur de la vie rêvée d’une rock star évoluant des studios d’enregistrement, à l’ivresse de la scène. Cela donne des longues chemises à carreaux portées sur des leggings, des robes toutes simples, le jour. Le soir, nous nous transformerons en véritables amazones harnachées dans des combipantalons et leggings en simili-cuir… et vestes ajustées. Une collection réjouissante!

    Site de Barilà

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    MICHAEL MOORE EN DVD: UNE AMERIQUE PAS BELLE A VOIR

    2 avril 2010 par Elsa

    Par Philippe Vecchi


    « Capitalism: A Love Story », du cinéaste palmé à Cannes Michael Moore, qui vient de sortir en DVD (Paramount) en France, est très exactement le genre de film réussi parce qu’il parvient à vous coller une haine pas possible. On avait déjà tous les éléments en main, mais l’accumulation, la stratification des horreurs sociétales ici montrées finit par exploser en climax insupportable. Car, à analyser les cas infinis et différents de franges entières de la population américaine, massacrées par une politique régie à la hache entreprenariale et à la guillotine boursière, Michael Moore fait au milieu de son long métrage à caractère documentaire ressortir une vérité puissante: « l’Amérique n’est plus une démocratie ». Et c’est vrai! C’est précisément ce que dit dans son dernier spectacle (coécrit par les fondateurs des « Guignols » de Canal+ Bruno Gaccio et Jean-François Halin) le comique français en circulation le plus balèze, Patrick Timsit: « La liberté, c’est là-bas qu’elle est entérrée! ». Ce n’est plus une démocratie parce que depuis le 4 novembre 1980, date de l’élection comme président du monde (en gros) du plus mauvais acteur américain, Ronald Reagan, elle s’est transformée en trois décennies en « ploutocratie »: le fameux « 1% le plus riche des Etats-Unis » détient plus de valeurs financières que les 95% des plus pauvres. Waow… Bingo! Impressionnant pour des donneurs de leçons internationaux, chantres de l’Ordre moral ultra puritain et autres pièges à rats tel que le Patriot Act. Dans le même temps, on sait aussi de source sûre que les même lobbyistes qui font voter au Congrès les lois les plus atrocement répressives, se retrouvent entre eux le soir-même pour sniffer de la cocaïne à gogo sur le corps dénudé de mannequins slaves, mineures et endettées.

    En cinéaste mondialement reconnu du « 11 septembre » et de la défense des opprimés d’un système capitaliste poussé à l’extrême de ses possibilités destructrices, Michael Moore s’emploie d’emblée à démonter la mécanique des expulsions, filmant des déménageurs protégés par la police armée jusqu’aux dents en train de jeter à la décharge publique les meubles de prolos qui ont eu montre en main un mois pour décamper et ainsi perdre le fruit du travail d’une vie, sans même savoir où il vont pouvoir dormir. Pas dégueulasse non plus dans le style abject : une entreprise (vous découvrirez laquelle dans « Capitalism, A Love Story ») parmi les plus riches du pays voit l’une de ses employées mourir de maladie. Elle avait 26 ans, l’âge le plus rentable: son décès a rapporté 81000 dollars à sa boîte, qui n’en a pas reversé un seul à la famille éplorée et surendettée de 100000 dollars pour les frais médicaux + 7000 pour les obsèques de sa fille. Sauf que voilà, la page est tournée, grâce à Obama qu’on a envie d’embrasser sur la bouche, maintenant, c’est la Sécurité Sociale pour tous les pauvres! Et que Bush Senior, Junior et consorts restent surtout à picoler leur Budweiser dans leur giga propriété du Maryland et à jouer à vie au lancer débile de fer à cheval.

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