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    L’INTÉGRALE « PANTHÈRE ROSE », UN INDISPENSABLE COFFRET FRAIS

    Dimanche 6 septembre 2009

    Par Philippe VECCHI

    D’un côté, Peter Sellers, qui souvent faillit mourir dans sa vie d’acteur grandiose. De l’autre, le top cinéaste hollywoodien, Blake Edwards. Mon tout pour l’un des serial-cartons financiers du siècle qui ressort en DVD Fox. Une longue et chaotique histoire qui vaut que l’on s’y scotche.

    HAINE ET ARRETS CARDIAQUES

    Le 8 septembre, l’acteur Peter Sellers aurait fêté ses 84 ans, s’il n’était pas décédé en 1980, de l’un de ces arrêts cardiaques dont il était si coutumier. Car cet inoubliable Britannique faillit passer plusieurs fois l’arme à gauche, ne serait-ce que sur un seul et même tournage, celui d’un certain… Billy Wilder. Les deux hommes se haïssaient. Ramené bien des fois à la vie, Sellers passa un jour, d’après un spécialiste assermenté, «à 20 secondes du légume». C’est peut-être pour ce motif qu’il acheva sa grandiose quoique indécise carrière dans la seconde peau d’un jardinier typiquement américain -ambiance «génial attardé mental» style «Rain Man» ou «Forrest Gump»-, l’idiot sensoriel congénital conseillant les plus hauts dignitaires politiques de «Bienvenue Mister Chance» (Al Ashby).

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    Peter Sellers dans « Bienvenue Mister Chance »

    C’est que voilà, Peter Sellers était de nature aussi fragile que son ambition resta solide. De l’imitation dès l’école à la radio professionnelle (neuf ans de «Goon Show» sur la BBC, source d’inspiration déclarée des Monty Python), il perdit parfois espoir et souvent des tonnes de kilos pour vamper le cinéma vaguement indifférent -jusqu’à Kubrick, pour le pinacle «Docteur Folamour»- et emballer les plus jolies femmes, dont il faisait une consommation effrénée. Mais son existence entière aurait-elle été la même si son chemin n’avait, un jour de 1963, croisé celui d’un réalisateur américain surdoué, issu, lui, du sérail hollywoodien, et né en 1922, Blake Edwards («Diamants sur canapé», «la Party», «Victor Victoria», jusqu’au sous-estimé «Elle» avec Bo Derek)? Cette association de malfaiteurs si complexe, brillante et antinomique, abonnée aux engueulades et ruptures répétées, aurait-elle fait fortune à l’identique si le hasard ne s’était pas mêlé d’une aventure en Mondiovision nommée «la Panthère rose»? Vous imaginez ce que peuvent représenter les droits d’auteur en 46 ans d’un fleuve de dessins animés toujours d’actualité télévisuelle, plus une série de sept films qui firent de Peter Sellers le triomphal inspecteur français Jacques Clouseau?

    8 DVD SUR ORDONNANCE

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    CAPUCINE et  Peter Sellers

    Un coffret Fox rassemble cette intégrale indispensable et légèrement inégale (oubliez le post-mortem «Fils de la Panthère rose», avec Roberto Begnini à pleurer) pour votre plus grand profit de rentrée: un long-métrage chaque soir, avant d’empiler cahiers de texte et dossier «cuve à mazout». A commencer par l’ouverture du bal, l’initiale «Pink Panther». Au casting, David Niven, Peter Ustinov, Ava Gardner et Audrey Hepburn. Ah non, pardon. ça, c’est ce qui était prévu par Blake Edwards et ses producteurs batailleurs et indépendants. Gardner et Hepburn finalement refusèrent (remplacées par Claudia Cardinale et Capucine), mais le plus laminant fut la défection sans préavis ni justification une semaine seulement avant le début du tournage en Italie de Peter Ustinov, big star de l’époque, embauché pour jouer le foireux limier Clouseau.

    UN TOURNAGE EN GRAND DANGER

    Panique à bord, mais juste retour de kick de la fatalité du destin: un agent artistique parle à Blake Edwards -qui ne le connait quasiment pas- de Peter Sellers, repéré pour ses excentricités radiophoniques (10 voix différentes à la minute) et sa capacité à interpréter sept personnages dans le même film, jusqu’à la vieille dame arthritique. Et quand deux génies se rencontrent, cela peut certes provoquer de graves étincelles, mais aussi donner l’un des serial-cartons du siècle.

    SELLERS, EDWARDS, UN DUO ELECTRIQUE

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    Peter Sellers dans le rôle de l’inspecteur Clouseau

    Il suffit d’ailleurs à Peter Sellers d’un simple vol aller Londres-Rome pour investir ce personnage dont il ignorait presque tout: il aura la moustache du marin à rayures d’une vieille boîte d’allumettes, le trench-coat de Bogart et, ultérieurement, l’accent français d’un ouvrier parisien, observé le temps d’un week-end. La suite, entre humour de répétition, accents délirants, comique de geste et Cato le Chinois toqué qui casse tout, vous la connaissez: Peter Sellers vole direct la vedette à la star numéro 1 David Niven, éjecté; la musique d’Henry Mancini infuse le monde entier; et dès 1964, «Quand l’inspecteur s’emmêle» («A shot in the dark»), touche au chef d’œuvre, signalant l’apparition de l’ennemi mortel de Clouseau, le commissaire Charles Dreyfus (Herbert Lom), avec qui rien ne sera plus jamais comme avant. Avant, et même après, quand un cinéaste très classe marié au civil à la vraie «Mary Poppins» nous régalait à intervalles réguliers de ses productions finalement alternatives, évoquant les crises d’identité sexuelle ou la connerie humaine, l’alcool qui tue ou la peur de vieillir, ce naufrage sans retour. Et alors, qu’est-ce qu’on dit? On dit merci.

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    PARLONS PEU, PARLONS DE MOI

    Vendredi 31 juillet 2009

    Par Philippe Vecchi

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    «Je Je Je, Moi Moi Moi!», autrement dit «l’égotisme» quasi-maladif, c’est une spécialité que l’on dit notamment française (et pas belge, par exemple, où MON camarade Benoit Poelvoorde m’a toujours conforté dans l’idée que le star-system n’existe pas). Si j’écris JE, c’est tout simplement parce qu’en cette bouillante journée d’août me saisit l’envie de vous faire part de MES choix en matière de séries télévisées américaines, à l’approche déjà si proche de l’an de (dis)grâce 2010. Autant dire que l’heure du bilan des années 2000 va incessamment sonner, comme s’est affirmée la domination de ces dites séries parfois «trop de la balle!», comme on dit en banlieue parisienne, c’est-à-dire «démentes», «exceptionnelles», «considérables». Si les 90′s signèrent l’apogée des incomparables «Sopranos», la décennie suivante restera celle de… «Oz». Pas le remake du «Magicien de…»/année 1939, mais les six saisons signées de MA nouvelle idole italo-américaine, Tom Fontana. C’est simple, cet homme est pour MOI le nouveau génie (sans bouillir) de la télé planétaire. On lui devait déjà la série fort dramatique «Homicide», rareté hélas indisponible en DVD, mais que les spectateurs frenchies peuvent retrouver actuellement sur l’aventurière chaîne du câble Canal Jimmy. Laquelle, en son temps révolu (1997/2003) diffusa aussi ce chef d’oeuvre absolu que restera donc à jamais «Oz». JE sais, vous connaissez au Québec son univers carcéral hors-normes, ses acteurs de pur génie (tel Dean Winters, le finalement héros irlandais Ryan O’Reilly), et aussi ses clans répartis à parfaite égalité numérique dans la plus dangereuse des prisons américaines (des Musulmans aux Blacks, des nazis aux mafieux, etc…)… Plus ses trois exécutions capitales en 56 heures de très grand cinéma (injection létale, pendaison, chaise électrique, toutes à gerber). Un coup à ME conforter -si cela était encore nécessaire- dans MON intime conviction que la peine de mort est une horreur presque aussi capitale que les meurtres qu’elle est censée punir. Mais pour MOI, il n’y a pas que «Oz» (l’intégrale existe -ouf!- en gros coffret Paramount), drame stricto sensu shakespearien, d’ailleurs conclu par une représentation de «Macbeth» entre prisonniers déchaînés de la fine lame. Subsisteront aussi de ces affolantes «2000» un sublime western moderne décliné sur trois années de feu, «Deadwood»; et puis les cinq saisons de la comédie d’action que JE adore, «Las Vegas» (avec James Caan, le playboy Josh Duhamel et la mythique hôtesse du casino Montecito, Sam/Vanessa Marcil). Et puis «The Wire» («Sur écoute», chez Warner); et puis -même maison- «Entourage» et «Six Feet Under»; et puis «My name is Earl» (très drôle), «Dexter» (serial killer pas drôle du tout), «Californication» (onirisme sexy-bukowskien). Et puis encore le moins connu mais sensationnel «Sleeper Cell»; et puis «Chuck»: « Boston Justice » et tant et tant d’autres; quel bonheur, toutes ces séries qui auront à MON avis qualitativement défoncé l’ensemble des blockbusters distribués en salles US et françaises… Mais pas d’inquiétude, chers amis lecteurs, JE vous en reparlerai en temps voulu (par ma soeur Elsa!). Oh, comment ça, «JE est un AUTRE»? Et c’est Arthur Rimbaud qui écrivait ce truc pas possible à un pote à lui, en mai 1871? Ben ça alors, si j’avais su…

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    VIVE L’ÉTÉ, ET GAD BLESS YOU!

    Mercredi 22 juillet 2009

    Par Philippe VECCHI

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    C’est, hélas, purement statistique: un peu plus d’un Français sur deux n’a pas les moyens financiers de partir en vacances. Triste constat qui contraint les mal-lotis à s’en faire eux-mêmes (des vacances). Et comment? En surmultipliant les déjeuners barbecues, les après-midis piscine gonflable, et, plus que tout, les soirées collectives DVD. Avec une option qui ne rate quasiment jamais: une sélection des meilleurs shows humoristiques. Bien que vous ne m’ayez rien demandé, je vais vous donner le tiercé de mes comiques vivants made in France préférés. Sur la deuxième marche du podium, Jamel Debbouze (et pas seulement parce que j’ai fait avec lui deux ans de télévision délectable, sur Canal+). Troisièmes ex-æquo de nos spécimen de prédilection, Valérie Lemercier (qui, hélas, a toujours refusé d’être filmée sur scène!) et Patrick Timsit (allez voir ses sketches «humour dark» sur youtube). Et enfin, pour la bonne bouche, en pole position, Gad Elmaleh. Pourquoi? Parce que. S’il est à nos yeux conquis de longue date le premier de cette classe si souvent sans grande classe, c’est parce qu’en quinze années de pratique ininterrompue, ce comique franco-marocain a tout compris au film. Empruntant à son idole -et désormais ami- Jerry Seinfeld le goût du stand-up à la mitraillette, et le passage sans cesse impromptu du coq à l’âne, Gad est même devenu la quatrième personnalité préférée des Français, toutes catégories confondues (sondage «Journal du dimanche»). Et si je vous en parle, ce n’est pas uniquement parce que je le connais depuis un bail, mais aussi au motif qu’il a vécu un certain temps au Québec, gardant manifestement de Montréal un souvenir inoubliable. C’est là, dans l’ultra-froid hivernal et le réchauffement des bras des jolies filles qu’il a aussi fait ses premières armes. Montréal, Gad y débarque à l’âge de 17 ans pour poursuivre des études de sciences politiques qui, elles, ne le suivront pas du tout. Il passe son temps à hanter la radio du campus universitaire pour y faire le zouave, avant « de ramasser des trucs dégueulasses dans un hôpital », histoire de gagner quelques dollars, puis de notamment faire le serveur de restaurant. Mais là non plus, ça ne colle guère. Déjà obsédé par cette observation minutieuse du quotidien qui deviendra sa marque de fabrique, il passe plus de temps à écouter les conversations des clients attablés qu’à les servir. Dehors! Aujourd’hui, Gad remercie encore ce pays qui, nous dit-il, l’a «accueilli à bras ouverts» (et pas que les filles), et «où tu ne peux pas te permettre de ne pas être efficace en spectacle. C’est un vrai marché, le public est affiné. Ça, j’adore, parce que ça m’a appris à peaufiner mon écriture» -cet art qui n’est pas le dernier de ses points forts. De «l’Autre c’est moi» à «Papa est en haut», son tout dernier one-man-show, divers DVD pour soirées relax vous attendent cet été, dans l’ombre d’une actualité en date du 21 juillet 2009: la sortie en Blue Ray & DVD de «son» film «Coco» (il l’a écrit, réalisé et interprété, sous la houlette du producteur de «la Môme»). C’est l’histoire d’un juif marocain trentenaire installé à Paris, un mariolle bruyant et hyper frimeur qui oublie de regarder grandir son fils, issu de son mariage avec une bimbo fausse blonde, comme on en feuillette sur les dépliants touristiques pour Miami ou Vegas. Ah, mon opinion sur ce «Coco» des familles? Demandez plutôt aux enfants que je n’ai pas. Ceci dit, quoiqu’on en pense, le long-métrage comique a réalisé un beau score au box-office français, enrichissant Gad Elmaleh de… 2 millions d’euros minimum! L’acharnement au travail, que voulez-vous, ça paie. Il est loin le temps des vaches maigres, québécoises d’adoption, ou françaises de cultures mélangées. Enfin bref: Gad bless you!

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