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  • Archives pour le mot-clef « bialn télé française années 2000 »

    Le bilan des années 2000 à la télévision française, un roman éphémère

    Mercredi 23 décembre 2009

    Par Philippe Vecchi

    Suite et fin…

    Bilan 2000 (5/7): la révélation
    Mélissa Theuriau pour «Zone interdite»

    Photo: Mélissa Theuriau

    Les animateurs, dans la perception du public, c’est comme les acteurs, les politiciens ou Michel Sardou: chacun son propre goût versatile. Début des années 2000, Jean-Luc Reichmann est «l’animateur préféré des Français», pendant que Nagui stagne au placard. Décembre 2009, Nagui est incontestablement «l’animateur préféré des Français», tandis que TF1 cherche à remplacer d’urgence l’émission de Reichmann, achevée à coups de talons frontaux par… Nagui. A part ça, inutile de chercher dans notre round-up tous les présentateurs apparus depuis dix ans. Comme les Gremlins, ils s’affolent partout dès que la TNT les arrose, ou sur le câble, votre téléphone, sous peu encastrés dans votre frigo. Une tendance cependant intrigue: quand ils ont le physique de Guy Lagache ou de Laurent Delahousse (ex LCI), les journalistes émergents ont la cote nationale, les chaînes info ayant beaucoup essaimé.

    Photo: Marie Drucker

    Il n’est que de situer l’actuel degré de popularité de Marie Drucker et Harry Roselmack (formés à I Télé par le même Bernard Zekri), ou encore celui de l’animatrice de «Zone interdite» sur M6 depuis bientôt quatre ans, celle vers qui va implacablement et ce depuis ses débuts sur LCI (via Jean-Claude Dassier) notre préférence de téléspectateur, Mélissa Theuriau. Concernant la plastique de cette jeune trentenaire -qui aurait pu devenir très vite riche si elle avait cédé aux sirènes des publicitaires japonais, français-, il serait injurieux de vous en faire l’article. Ce que l’on omet plus aisément, c’est que sa présence subtile à l’image, sa voix étrange, son goût pour le décryptage social en 9 mois d’enquêtes et son sens de l’interview clairvoyante, sont le pur produit d’un travail de soutier. Scotchée jusqu’à 24 ans à Grenoble, sa ville, pour décrocher deux diplômes liés à l’information et aux médias, elle remonte un à un les maillons de la chaine de fabrication des reportages. Pas vraiment le genre «cuillère en argent dans la bouche», Mélissa Theuriau; pas même un soupçon de cette grosse tête consubstantielle à la fonction. Juste le souci de faire la meilleure émission innovante possible (objectif atteint, de surcroît avec une moyenne de 4 millions de téléspectateurs rajeunis), en préservant sa vie privée auprès de son époux Jamel Debbouze, avec lequel elle a eu un fils et plein de paparazzi bourrins autour. Pour conclure, elle hommage directement sa corédactrice en chef, Valérie Troisier, le patron de l’info M6 Jérôme Bureau, mais aussi Alain de Greef (ex Canal+) et Bernard Zekri (ex I Télé et Canal) «qui me disent cash les choses, symbolisant le journalisme que j’aime». Au fait, ce ne serait pas aussi la fille qui a refusé le «20 Heures» de TF1 et le salaire éléphantesque qui va avec? Si. Et ça, c’est pour nous au minimum le Livre des Records, au lieu du Mérite agricole…

    Bilan 2000 (6/7): culture, humour
    Taddeï, «Groland Mag Zine» et le «Jamel Comedy Club»

    Photo: Jamel Debbouze

    «La représentation littéraire de la cruauté chez Kant» -épatant- sur France Culture, début décembre, était-ce vraiment à crever de rire? «Franck Dubosc s’enthousiasme pour le nouvel album de Dany Brillant» il y a peu chez Michel Drucker, sur Europe 1, est-ce encore de la culture? Certes, on ne vous fera pas avaler que rigolade et connaissance(s) du monde relèvent de la même école médiatique. Mais quand même. On aime bien lorsqu’un minimum d’humour contribue à étancher notre soif de culture (chez Pierre-Louis Basse par exemple, le samedi sur Europe 1), comme quand un brin d’esprit vient teinter ces stases de rigolade nécessaires à notre survie (de Alévêque à Foresti, sortis de «On a tout essayé»). Remonter une décennie de programmes culturels et humoristiques promettant d’être fastidieux, on en restera aux émissions de débat et de comédie en cours à la radio-télévision française. La culture? Avec la suppression de la publicité après 20 heures sur le service public, on devait en croquer par tous les bouts, au-delà de ce que Arte principalement nous propose. Sauf que voilà, notre intime conviction perdure que la radio conserve en ce domaine de belles longueurs d’avance. On reviendra très vite sur «Masse critique», la formidable émission du dimanche de France-Culture, non sans avoir ici pointé du doigt le talk-show télé qui nous sied. Pour la quatrième saison consécutive, France 3 a rempilé avec «Ce soir (ou jamais!)». Premier avantage, on sait d’emblée, en soupesant la teneur du débat, si l’on va rester ou pas. Et bien souvent, on campe devant: animateur rigoureux, passes d’armes vigoureuses et forte réactivité à l’actu, la quotidienne moderne de deuxième partie de soirée de Frédéric Taddeï est la meilleure surprise de cette fin des années 2000. L’humour? Alors là, compliqué de départager deux programmes de feu.

    Photo: Groland Magzine

    Par ordre d’apparition, «Groland Mag Zine» (plus de 15 ans d’existence) chaque samedi, en clair, sur Canal+, et le beaucoup plus récent «Jamel Comedy Club», sur la même chaîne mais moins souvent. Mon premier reste ce brulot politico-punk-pouët-pouët de haute volée offensive, avec Moustic devant, Benoit Delépine derrière, et au dessus notre président à tous, le grand Christophe Salengro. Mon second constitue la meilleure réponse des «minorités ethniques et sociales» au gros du troupeau. Du stand-up de banlieue défouraillé avec l’accent africain, arabe ou chinois, signalant l’émergence de Fabrice Eboué, Thomas N’jijol ou du hard-rockeur Dedo, et confortant aux commandes le virtuose Jamel Debbouze, dans un pays où l’on compte désormais deux comiques professionnels et pas un seul «intellectuel» parmi les cinq Français préférés des Français. Si ça, ce n’est pas une tendance tout à fait contemporaine…

    Bilan 2000 (7/7): ultimes beautés cathodiques
    Des canons du christianisme aux bombes sexuelles

    Photo: Megan Fox

    Bien sûr, on aurait pu clore notre récapitulatif des années 2000 à la télé française en martelant des évidences: 1) décennie Endemol de la télé-réalité contestée, du choc «Loft Story» au succès «Top à la bimbo-vachette!» «Secret Story»; 2) duels acharnés entre télé-crochets, la «Star Academy» (mise en sommeil) le disputant à «Nouvelle star» (mise en demeure de faire oublier le branquignol Soan), et «X Factor» sur W9 pour son animateur impeccable; 3) apparition de la TNT -premiers tests en 2005, 80% de la population couverte trois ans plus tard-, ces chaînes gratuites captant désormais plus d’un quart de l’audience gobale. On aurait dû vous parler encore de PPDA répudié, des insubmersibles mérous de «Thalassa», et même de sport (rien que l’arrivée de Pierre Ménès sur C+, la sous-utilisation de la troublante Christine Carnaud sur Infosport, ou l’invasion des débats sur le foot). Comme on ne saurait négliger l’intérêt croissant du public pour le courant documentaire. Mais s’il devait n’en rester qu’un, ce serait «l’Origine du christianisme» en dix volets et sa suite, «l’Apocalypse» (Arte Vidéo), de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, diffusés respectivement en 2003 et 2008 par la chaîne franco-allemande. Magnifique travail métaphysico-bressonien regroupant les meilleurs théologiens du monde. Et puis, on a réalisé qu’un baisser de rideau sur les femmes transcendantes de cette décennie serait le bienvenu. Pas les Françaises (n’en froisser aucune!). Bien plutôt, ces créatures de séries américaines qui font crescendo peur aux stars hollywoodiennes.

    Photo: Louise Bourgoin

    On a ainsi découvert une myriade de filles splendides, traversant «Nip/Tuck», «Dexter» ou «Las Vegas», cette dernière production propulsant Nikki Cox au rang de «girl next door» excitante de simplicité sexy. TF1 aura aussi révélé Yvonne Strahovski en agent de la CIA dans «Chuck», M6 la beauté d’apparitions latinos et métisses, Canal+ une ex-miss météo du «Grand Journal». Ok, on avait dit: «pas de Françaises», mais là, c’est différent. Quand François Cluzet vous prédit que l’éblouissante Louise Bourgoin ira loin au cinéma, zéro discussion possible. Pas plus que pour l’Américaine Megan Fox, actuellement sacrée plus belle comédienne du monde à 23 ans. Pas d’accord? Soit, il en va de votre libre-arbitre. Car devant tant d’éclats fantasmatiques, le nôtre ne sait même plus où donner du discernement…
    Ah si: joyeuses fêtes à tous!

    « Merci au Nouvel observateur » et Site du téléobs

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