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    CINQ LIVRES POUR SE DORER LA PILULE AU SOLEIL

    Dimanche, 16 mai 2010

    Par Philippe VECCHI

    De Claudia Cardinale par Moravia au grand écrivain français Bayon, des photos de Bettina Rheims à une rareté lyonnaise signée Ivan Schneiderlin, tour d’horizon de livres aussi peu chers que 100% recommandables.

    Pendant que la presse d’information quotidienne haut de gamme traverse une tempête financière dont elle ne voit pas le début de la fin, en pleine récession publicitaire et d’un lectorat ciblé CSP+ (dernier exemple: le Monde bientôt racheté par le Nouvel Observateur?), le marché de l’édition du livre se porte bien, merci pour lui. Les puissants «20 Heures» télé en qui les téléspectateurs croient comme à la parole de Moïse, la presse informative gratuite et les sites webs des grands journaux, tous ces éléments signalent que persiste parallèlement une quête d’imaginaire livresque parmi les consommateurs français de phrases écrites avec des mots. Tant mieux, disent les addicts de ma trempe au support papier, ceux qui n’ont pas envie de se coltiner tout Proust sur un écran d’ordinateur. Et si, côté télé, personne n’a encore atteint le niveau de flottabilité qualitative de Bernard Pivot comme animateur, le paf ne manque pas de talk-shows littéraires tenant la route: Taddéi dans «Ce soir (ou jamais!)» sur France 3, François Busnel et sa «Grande librairie» du côté de France 5, «Chez FOG» sur la même chaîne, ou encore «Bibliothèque Médicis», bonifiant l’antenne de Public Sénat. Du coup, on a fait un doux rêve: consacrer rien qu’une émission très spéciale à divers auteurs dans le vent porteur du moment. D’abord, Martin Monestier; souvent négligé comme l’auteur important qu’il est devenu au fil de livres exceptionnels sur «les Duels» ou «les Enfants assassins». Bravo à cet intellectuel d’avoir sorti un opus (au Cherche Midi) dont on a trop peu parlé, et qui restera l’un des plus beaux ouvrages illustrés contre toutes les guerres du monde entier: «les Gueules cassées», ou une succession commentée de photos de visages épouvantablement mutilés lors de la première guerre mondiale. Le choix des mots, l’horreur des photos. Ensuite, nous recevrions la photographe Bettina Rheims, sortant aux éditions de la Bibliothèque nationale de France (avec expo afférente sur place) un superbe livre d’images commentées par Serge Bramly («Rose, c’est Paris», 25 euros). Infiniment plus onéreux (deux versions, de 750 à 1500 euros!), son somptueux recueil éponyme de visions surréalistico-obsessionnelles en noir & blanc, paru chez Taschen, objet luxe dont on retiendra essentiellement les clichés non-clichés du plus beau modèle érotique actuel, Axelle Parker, dont nous avions fièrement parlé dans ces «Vues de Paris» avant tout le monde.

    Photo:© Playboy.fr – Photo Bettina Rheims

    Et puis, clé de voûte de notre émission littéraire idéale d’un soir très à part, il y aurait comme invité vedette Ivan Schneiderlin. Qui, dites-vous? Juste un écrivain de haute volée, sis à Lyon, et qui a décidé d’assumer son image virtuelle de «marginal», si ce n’est de «maudit volontaire». Un brillant journaliste de presse écrite culturelle passant, à ses heures gagnées, à la rédaction d’un ouvrage de… 24 pages titré «les Armées de la nuit». Accrochez vous pour le trouver: 32 exemplaires numérotés pour le monde entier! (aux éditions Serge Versqui). Si vous insistez lourdement, peut-être y aura-t-il retirage de cet OVNI captivant se refermant sur «Nous étions les armées de la nuit, et plus rien aujourd’hui». Erreur totale: avec ce livre à 230 euros -sans bénéfices pour l’auteur car «avec 3 eaux-fortes et pointes sèches (…) tirées sur sa presse taille-douce papier Velin d’Arches 250g etc»-, on atteint des sommets.
    Autre must, la réédition (chez Flammarion, 12 euros!) de «Claudia Cardinale», par Alberto Moravia.

    Photo: Claudia Cardinale

    En 1961, la revue glam «Esquire» commande au romancier italien, auteur du «Mépris» ultérieurement godardisé, une interview de l’une des plus belles femmes du monde, l’actrice «sauvage» originaire de la Goulette, à proximité de Tunis. L’entretien deviendra ce livre de feu après les tournages du «Guépard» de Visconti (Palme d’or à Cannes), et de «8 1/2» de Fellini -excusez du peu. Sur les 80 pages de cette interview à tête renversée, la Cardinale, mi-chatte mi-panthère, doit occuper approximativement 25% du territoire verbal, laissant au maître des mots aigus le soin d’analyser son interlocutrice comme un simple «objet apparaissant», méthodiquement décryptée de son divin visage à sa démarche de mannequin nature, en passant par une poitrine calibrée 95 qui fit réellement chuter à plusieurs reprises la machine à écrire de Moravia -homme à femmes porté de toute éternité sur les créatures sexy et contre les dérives sentimentales foireuses, comme en témoignent dans son oeuvre magistrale des oeuvres telles que «l’Amour conjugal» ou «la Chose».

    Enfin, et pompon sur le gâteau, j’aimerais hurler dans tous les journaux sourds et aveugles que le dernier livre de mon écrivain français contemporain préféré vient tout juste de sortir: pour seulement 15 euros, «Tourmalet», de Bayon, nous ramène à ce style reconnaissable entre deux millions, épuré jusqu’à l’os et reflétant une image toujours déflagrée d’un auteur surcultivé, découvert avec le choc «les Animals», prix Interrallié. Et puis aussi un livre exceptionnel d’entretien sorti post-mortem avec son ami Serge Gainsbourg, qui fait tout du long comme s’il était déjà mort, idée de folie, résultat à vous laisser assis. Imparablement troublant, survivant parmi les moins vivants, Bayon narre ici son fracassant cassage de gueule à vélo dans le Col du Tourmalet -bien connu des adeptes du Tour de France. Sauf que dommage, Bayon a beau être un faramineux écrivain, trop peu de lecteurs en France le savent. Jusque-là, il n’a été invité que dans la courte mais efficace séquence télé quotidienne «Dans quelle étagère?» de Monique Atlan, en attendant une fatale sous-exposition médiatique. Eh, oh, les gars de la télé, ce n’est pas parce que Bayon ne peut rien vous apporter façon «renvois d’ascenseurs» coutumiers dans ce milieu et bien d’autres… Il serait temps que le temps donne raison au grand écrivain, l’homme «d’une préfiguration hivernale suivant la nationale déserte, calfeutrement de province au détour de l’été». Comment dit-on en onze lettres, déjà? Ah oui, chef d’oeuvre -pas mieux!

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    UN VRAI WEEK-END DE MONTRÉALAIS

    Mardi, 23 février 2010

    Par Jean-Sébastien Petitdemange

    Chroniqueur voyage et tourisme pour RTL

    Direction les Laurentides pour le week-end dans un joli chalet perdu au bord d’un lac gelé.

    Dès que le week-end approche, nombre de Montréalais chargent les coffres des voitures et entament une migration vers 17h. Direction par exemple les Laurentides. Nous sommes au nord-ouest de Montréal au coeur d’une région de plus de 20 000 km2. Les Laurentides tirent leur nom de la chaîne de montagnes qui sillonne sa portion nord dans le bouclier canadien, elle-même nommée ainsi pour désigner son parcours parallèle au fleuve Saint-Laurent. Une fois quitté les autoroutes de Montréal, la route est plus enneigée et prend une couleur orange a cause de la « crasse » répandue et qui permet de circuler par presque tous les temps. Et là, le charme des Laurentides commence à se dévoiler petit à petit et à faire craquer même les plus urbains avec des lacs calmes et des forêts immenses. Les Laurentides, c’est du  pur bonheur et surtout du pur bon air. Je suis à Vendée exactement.

    Photo: Jean-Pierre Vecchi

    Et la vie se déroule au rythme lent de la pendule, de celui de la cheminée qui crépite et du poêle à bois qui réchauffe la maison de bois et qui m’a permis aussi de me lancer dans une poule au pot cuite 6 heures sur le bord de ce poêle justement.

    Photo: Jean-Sébastien Petitdemange

    Dimanche, balade tranquille à Mont Tremblant , une station de ski ultra chic plutôt réservée à une clientèle américaine fortunée. En fait, ils ont suivi Michael Douglas et Catherine Zeta Jones qui ont acheté un chalet, il y a quelques années. Je ne suis pas convaincu tout de même que payer 85$ la journée pour 4 ou 5 pistes ce soit vraiment bon marché ! Mais j’ai découvert là bas les « queues de castors ». La Queue de castor (beaver tails en anglais) est une pâtisserie canadienne super traditionnelle qui a été honorée par le président Obama lors de son 1er voyage au Canada. Il a voulu manger une queue de castor à Ottawa. Belle promo pour cette spécialité un peu lourde. La pâte faite de blé entier ressemble à celle d’une gaufre de forme oblongue et sans trous. Et puis surtout, elle est frite dans de l’huile de Canola avant d’être recouverte d’un coulis de chocolat, ou d’un enrobage au sucre et à la cannelle, de beurre à l’ail et de fromage…

    Et puis, ce week end s’est achevé devant la télé pour vivre LE match de hockey des Olympiques : Canada – USA. Match d’une intensité incroyable qui s’est achevé sur la victoire des américains 5-3 mais aussi sur un record d’audience pour le diffuseur canadien. Un score au delà de celui de la finale de Salt Lake City en 2002. Un bien bon moment en tous cas. Et lundi retour retour à Montréal enneigée et sous le soleil avant de rentrer pour Paris.

    En savoir plus sur les Laurentides

    Site de RTL

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    Le pouvoir des sens

    Vendredi, 8 janvier 2010

    Par Elsa Vecchi

    Rencontre avec le pionnier du marketing sensoriel au Canada.

    Photo: Patrick Burle – Senscity – Crédit: Catherine D’amours

    Patrick Burle est un français installé depuis 8 ans à Montréal. Il a lancé sa société Senscity devenue aujourd’hui le leader du marketing sensoriel au Canada. Tête-à-tête avec un homme inspiré qui a du flair et au credo clair « le pouvoir des sens ».

    Qu’est-ce que le marketing sensoriel?

    Patrick Burle: Le marketing sensoriel a pour objet de solliciter un ou plusieurs des cinq sens du consommateur pour le séduire en accroissant son bien-être et lui faire vivre une expérience dans le lieu où il est utilisé. Si les 3 sens (la vue, le toucher et le goût) font depuis longtemps partie intégrante du marketing traditionnel, le marketing sensoriel est apparu lorsque les compagnies et les commerçants ont commencé à exploiter les deux autres sens, l’odeur et le son, sur les lieux de vente.

    Aujourd’hui, Senscity est le leader du marketing sensoriel au Canada. C’est toi qui a apporté l’idée au Canada, comment l’aventure a-t-elle débuté?

    Patrick Burle: J’avais la sensation qu’il manquait quelque chose dans les magasins au Québec. À l’époque le marché n’était pas prêt, mais lorsque des marques européennes sont venues s’implanter ici avec l’utilisation du marketing sensoriel dans leurs magasins… le moment était enfin venu.

    Photo: Les locaux de Senscity – Senscity – Crédit: Catherine D’amours

    Dans ce domaine, le Canada était à la traîne par rapport à la France, est-ce qu’il a aujourd’hui rattrapé son retard?

    Patrick Burle: Non, le Canada est toujours à la traîne par rapport à l’Europe et l’Asie. Cela dit, il ne faut pas oublier que l’Europe utilise ce moyen depuis plus de 20 ans et qu’ici au Canada la tendance se fait sentir que depuis seulement 3 ans.

    Quelle marque a été votre 1er client?

    Patrick Burle: Aldo et il l’est toujours!

    Aujourd’hui, Senscity fait l’ambiance olfactive et musicale du Sofitel, du St Paul, des magasins ALDO (1400 dans le monde)……., du ST James et son restaurant le XO. Ce que vous avez fait pour le XO est archi-tendance et précurseur à  Montréal!

    Patrick Burle: Oui, mais il faut dire que nous avons eu carte blanche et la designer Alyson Wood nous a totalement mis en confiance. Sa vision était de donner une orientation très contemporaine au lieu, cela nous a bien aidé et c’est effectivement élégant, chic, contemporain, le design met en valeur le côté historique du lieu. Il y a des ambiances qui varient tout au long de la journée. Le matin et à midi, la lumière est beaucoup plus claire, il y a beaucoup de soleil dans la salle. L’ambiance change vraiment à partir du 5à7 et après le souper. À ce moment là, la lumière se tamise. Nous projetons des films à base d’images d’archives fournies par l’ONF. Quant à la musique, c’est 2500 titres qui jouent en permanence sur une période de 24 heures, adaptés à chaque heure du jour sans oublier la subtile fragrance “poudre de riz” dans le lobby.

    Photo: Le nouveau X0: restaurant du St James à Montréal – Crédit: Catherine D’Amours

    Le marketing sensoriel est-il aujourd’hui indispensable pour les sociétés qui souhaitent se démarquer?

    Patrick Burle: Le marché est tellement concurrentiel, je pense en effet que les marques qui souhaitent se différencier et affirmer leur caractère ont besoin de s’orienter vers le marketing sensoriel…. Les consommateurs sont de plus en plus sollicités, ils ont besoins de se sentir dans un cocon différent d’une marque à l’autre, un peu comme s’ils étaient chez eux.

    Photo: Les locaux de Senscity – Senscity – Crédit: Catherine D’amours

    Tu lances sur le marché, le cube diffuseur de fragrances, destiné aux particuliers, qu’est-ce que c’est?

    Patrick Burle: C’est un petit appareil design de diffusion d’odeurs. Il suffit de le brancher et le programmer aux moments souhaités,  pour diffuser de subtiles fragrances (à partir d’huiles essentielles). Le Cube était jusque là réservé aux hôtels chics, il est maintenant adapté pour les petits espaces. Il fonctionne par nébulisation, c’est à dire que chacune des gouttelettes diffusées est 1500 fois plus petite que celles des aérosols donc très légère, invisible et ne laisse aucune trace de dépôt. Voilà, avec le cube, on vous fait entrer dans l’ère des rafraîchisseurs d’air nouvelle génération.

    Tes  projets?

    Patrick Burle: Plein la tête, ceux qui sont en cours d’élaboration vous allez en entendre parler bientôt… je vous fais une révélation, on va faire une grande fête dans nos locaux, pour le lancement du cube. (sourire)

    Tes locaux sont d’ailleurs magnifiques! Quels sont tes rêves?

    Patrick Burle: Je suis déjà dedans…( grand sourire)

    Site de Senscity

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