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  • Archives pour le mot-clef « blog mode montréal »

    Quand Christian Lacroix a carte blanche…

    Mardi 24 avril 2012

    Par Elsa Vecchi

    Voici un blog « vintage » que j’avais envie de partager à nouveau avec vous.

    Qui mieux que Christian Lacroix pouvait incarner la thématique « Extrême couture»  Kill Magazine /Hiver 2010/2011 ? Je l’affirme sans sourciller: personne! Lorsque, de sa voix douce et retenue, le génial designer français répondit à l’invitation « Elsa, une carte blanche? Avec plaisir! »,  je bondis de joie.

    Extrait de la Carte Blanche de Christian Lacroix pour Kill Magazine Hiver 2010/2011 – Extrême Couture

    Tout commence en1987. Lors de sa première collection signée de son nom, les médias ne tarrissent pas d’éloge. «Vive Lacroix ! On n’a jamais rien vu de pareil en 25 ans» déclare le Sunday Times, tandis que Vogue le qualifie de «créateur le plus en vue de Paris». Une arrivée en trombe pour celui qui se destinait à devenir conservateur de musée et n’a de cesse de penser la mode comme un moyen de « théatraliser le quotidien » – la meilleure façon d’exorciser l’une de ses vieilles terreurs enfantines: l’ennui. On ne se refait pas.

    « Lorsque vous avez dit extrême couture, j’ai tout de suite pensé aux mots « allure, attitude, élégance », de ceux qui avec le temps ne perdent pas de leur sens. « L’art, c’est ce qui rend la vie plus belle que l’art » dixit l’artiste français Robert Filliou. J’ajouterai « la couture, c’est ce qui rend la mode plus belle que la mode » me confie Christian Lacroix. La quintessence même de la mode faite art. Longtemps, on considéra même qu’il sauva à lui seul la haute couture avec ses modèles incroyablement colorés et picturaux, véritables bombes artistiques faisant voler en éclats toutes les certitudes minimalistes des années 90. Un registre dans lequel on ne cessera pas de le cantonner encore, et encore, et toujours « je n’en pouvais plus d’avoir à jouer  toujours le même répertoire. Par nature, j’ai envie d’aller toujours plus loin, et de ne surtout pas cultiver le même et seul filon, c’est à dire : les gitans, le patchwok, la chaleur, les couleurs… ». Bridé, muselé, il l’est pour ainsi dire tout le temps. « Pas de noir », c’est l’une des consignes de Bernard Arnault de LVMH, longtemps propriétaire de la marque rachetée en 2005 par les frères Falic, le numéro deux de la distribution en boutique hors taxes aux Etats-Unis. Une idylle bien vite consommée. En 2009, le couperet tombe, intraitable, d’une violence incroyable. Christian Lacroix perd tout jusqu’à son propre nom. Une pure catastrophe pour le grand Art made in France. « Il me faudra du temps pour revenir à la couture, si j’y reviens… Aujourd’hui, la priorité est donnée aux spectacles, aux costumes, au design d’hôtels ou encore de TGV, à la scénographie: le rêve! Je dois vous avouer qu’être en contact de si près avec l’opéra et le théâtre me bouleverse totalement”. Autant de prétextes à créer pour le designer et  “être au plus près d’un corps et d’une personnalité » . N’est-ce pas la quintessence même de la couture?

    Je pourrais étirer cet entretien à l’infini tant l’homme est passionnant, touchant, palpitant… Je terminerai sur cette phrase qui me tira presque des larmes tant elle est éclatante de vérité « on n’échappe pas à ses modèles d’élégance sur lesquels on ouvre les yeux quand on est enfant ».

    Une phrase à méditer absolument pour la postérité.

    Merci Christian Lacroix!

    Extraits de la Carte Blanche de Christian Lacroix pour Kill Magazine Hiver 2010/2011 – Extrême Couture

    Site officiel du Dress to Kill

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    Rad Hourani : les dessous de la création

    Mercredi 18 avril 2012

    Par Elsa Vecchi

    Article que j’ai écrit pour le dernier Dress To Kill Magazine: magnifique numéro consacré au Design.

    Rad Hourani, créateur québécois d’origine jordanienne, déja fort de deux lignes -« Rad by Rad » -son prêt-à-porter-, et « Rad Hourani », sa griffe haut de gamme, a 29 ans, dont cinq de création et un fort intérêt pour sa conception architecturale”. Rad Hourani, star montante de la création, artiste pluridisciplinaire, lève le voile sur ces gens qui l’entourent aux 4 coins du monde. Amis, fidèles collaborateurs, il les a shootés pour nous, portant ses modèles .

     

    Collection PE 2012

    Du jamais vu

    De manière insensée, ce jeune créateur montréalais semble transformer tout ce qu’il touche en or, tel le roi Midas. Il s’essaie à la photo? On lui consacre directement une exposition, à Paris. Il se lance dans la création? Cinq petites années plus tard, il est invité à postuler pour la haute couture à Paris (encore), ce club sélect ultra fermé fort de 12 membres qu’aucun Canadien n’a jamais réussi à pénétrer. C’est peu dire que Rad Hourani est un talent bien à part, exceptionnel, incroyablement doué et rusé. Alors, comment expliquer son ascension sidérante? “Depuis mes touts débuts, je conceptualise des modèles parfaitement unisexes, indémodables, réversibles, modulables et transformables. Un style que je n’étais parvenu à trouver nulle part ailleurs dans le monde”. Sans chichis, “sleek”, efficaces, tendance sans être marqués par un courant identifiable” C’est tout cela la signature Rad Hourani, un vrai concept novateur et unique en son genre. “De cette idée d’intemporalité est partie également l’envie de ne jamais nommer les collections par saison, mais par numéros, 1,2,3,4, etc, … “précise Rad Hourani. Le Montréalais, qui revendique de n’avoir jamais étudié la mode, se rappelle avoir présenté sa première collection en parfait autodidacte, courant octobre 2007, dans la capitale française. “J’avais dessiné des “sketchs”sur mon Laptop, des modèles graphiques, architecturés, qui ont donné naissance à des silhouettes androgynes. Ce fut un défilé très bien accueilli et pour moi fondateur”.

     

    Ses vêtements semblent être construits comme des buildings, par étages, par strates. Rien d’étonnant à cela, il nourrit une véritable passion pour l’architecture. En voici quelques preuves: coupes franches, lignes droites, détails ultra cartésiens sont au coeur de sa créativité débordante, mais aussi parfaitement structurée et organisée. “Mon “projet” s’est affiné jusqu’ à désormais créer seulement 6 items par collection qui peuvent se transformer en 22 silhouettes, grâce à des jeux de zippers, de ceintures”, analyse Rad Hourani, qui se remémore avoir fait ses classes lors de séances photos sur lesquels ils sévissait dans le rôle de styliste. “C’est à ce moment -là que j’ai appris la lumière, le rôle de l’éclairage, les pleins et les creux des vêtements”. Un premier métier qui l’a vu évoluer entre photographes, créateurs, propriétaires de magasins, autant de relations qui sont devenus de précieux alliés au fil du temps. La constance, la fidélité, l’amitié sont autant de valeurs fondamentales pour Rad qui a su mieux que personne se créer un réseau de part et d’autre de l’Atlantique, de New York à Paris en passant par Montréal, sa ville de coeur où il a établi son atelier de production, dans le Mile End. Enfin, divine surprise, c’est en postulant dans la capitale française pour intégrer le cercle du prêt-à-porter, qu’il s’est retrouvé parmi la liste des candidats possibles à l’entrée dans la haute couture. Cette fois, on touche carrément au conte de fées puisque ce sont des maisons de couture aussi  mondialement réputées que Chanel ou Dior, qui votent. Le suspense est à son comble: Rad Hourani sera-t-il le premier citoyen canadien à représenter notre pays au sein de l’élite de la mode.

     Site officiel de Rad Hourani

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    Denis Gagnon, les dessous de la création

    Jeudi 5 avril 2012

    Par Elsa Vecchi

    Article écrit pour le dernier Dress To Kill Magazine: magnifique numéro consacré au Design.

    « Les lignes les plus classiques, les plus épurées possible » confie Denis Gagnon en passant en revue sa collection de l’hiver prochain 2012/2013. La mode est ainsi faite qu’il est toujours question de se projeter dans le futur, deux saisons plus tard. « Femme et homme, même combat… parce que oui, je reprends la création masculine pour l’hiver prochain! ». Et voilà qui est fait, depuis le printemps/été 2005, Denis Gagnon s’était  entièrement consacré à la femme pour sa ligne en nom propre et celle signée Odassi, en collaboration avec la chaîne de vêtements BEDO. “ Histoire de boucler la boucle, je travaille à nouveau comme à mes débuts, c’est à dire  à partir de patrons” détaille notre designer lunetté , “ c’est réellement à cette étape que vient le côté architectural que j’affectionne tant.” Autant dire qu’après 11 années de création, Denis Gagnon se concentre lui aussi sur son essentiel, son ADN, bref la substantifique moëlle de sa créativité, pour donner naissance à des modèles qui dessinent des silhouettes longilignes, fluides et toujours architecturées, avec partout ce fameux twist “edgy”, so Denis Gagnon. Alors que dire de son printemps “très floral” et qui pourrait presque faire figure d’ovni stylistique? Là encore, tous les “dada” du créateur sont bien là. Mix de matières, lignes le plus souvent “cartésiennes”, travail du cuir –  l’une des marques de fabrique du créateur –  qui est présent partout, et dont certains modèles sont  l’oeuvre de Laurence St Pierre, jeune designer à l’origine de ce cuir embossé, technique qui permet de créer du relief dans les peaux en les plongeant dans l’eau. Vestes tuxedo aux découpes étonnantes, jupes à plis façon kilt, kimono ceinturé de cuir, ou encore cette robe (de cuir encore) avec ce col amovible porté avec un pantalon de soie sont autant de preuves de son insatiable créativité.

    Et l’occasion aussi de jeter un coup d’oeil sur l’une des créations printanières de Denis. Photo signée: Rainer Torrado.

    Site officiel de Denis Gagnon

     

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    Philippe Dubuc : les dessous de la création

    Mercredi 4 avril 2012

    Par Elsa Vecchi

    Voici un article que j’ai écrit pour le dernier Dress To Kill Magazine: magnifique numéro consacré au Design.

    “Comme un bâtiment, le vêtement se construit. Tel un gratte-ciel, mon style est le reflet d’une civilisation urbaine et cosmopolite” ainsi le créateur montréalais décrit le style Philippe Dubuc. C’est à dire des modèles à la fois minimalistes et chic, toujours « rock », aux teintes minérales et brutes, à la fois structurés et (de plus en en plus ) déstructurés . “Je dois vous avouer que plus le temps passe et plus j’aime déconstruire le côté rigoureux de mes débuts”. Le reflet des vitres d’un building , la texture du  béton, l’aspect  mat du plâtre, la rigidité du métal , la luisance de l’asphalte humide sont autant de nuances inspirantes pour celui qui aime à penser des lignes – qu’elles soient droites, courbes ou angulaires – toujours déterminées par le tombé d’un tissu, d’une toile. Parlons-en justement des matières. Le designer ne cesse d’explorer les lins et les cotons enduits, qui semblent huilés ou craquants comme du papier, et désormais souvent ornés d’empiècement trompe-l’œil. Autant de petits détails, de subtilités ton sur ton, qui viennent égayer des modèles magnifiques d’intemporalité. Costards parfaitement bien coupés, fameuses chemises ajustées, l’un des “best-sellers” de la maison, pantalons classiques revisités à la fourche abaissée, sarouel relooké… « C’est par l’architecture contemporaine que je m’identifie, par la pureté de ses lignes et de ses coloris monochromes”. Et son printemps/été est une fois de plus l’illustration d’une inventivité sans cesse renouvelée – et d’un talent sans borne.

    Voici l’occasion aussi de jeter un coup d’oeil sur la très belle capsule PE 2012 du créateur montréalais pour Simons, disponible en magasin. Photo signée Jean-Claude Lussier.

     

    Photo: Collection PE 2012 Philippe Dubuc pour Simons

    Site officiel de Philippe Dubuc

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    « Dexter » saison 6 débarque sur Canal+ avec un duo de psychopathe et leurs démons apocalyptiques

    Mardi 6 mars 2012

    Par Philippe Vecchi

    Pour peu que l’on connaisse modérément la génèse de “Dexter”, on est conduit à penser qu’elle doit son existence au créateur James Manos Jr. Mais c’est en scrutant d’un peu plus près le générique, inchangé depuis le 1er octobre 2006 sur la chaîne Showtime, que l’on pointe vite du regard la réalité factuelle: Manos apparaît en septième position pour avoir “développé pour la télévision”- et non “créé” – une oeuvre basée sur le roman “Darkly Dreaming Dexter”, signé de celui dont le patronyme apparaît immédiatement après, l’écrivain de polars Jeff Lindsay. Ce rafraîchissement de mémoire ayant permis de rendre à César ce qui, dans l’esprit du public, reste prêté à Césarion, un point sur l’aspect littéraire des opérations : sans Jeff Lindsay, pas de Dexter Morgan sur petit écran (et, si tout se passe bien, dans un long-métrage de cinéma prévu au terme de la huitième et dernière saison).

     


    Dexter, ce personnage de serial-killer multifacettes, appointé par la police criminelle de Miami en qualité d’expert en médecine légale, spécialisé dans l’analyse des traces de sang. Pas celui qu’il fait jaillir du corps de ses victimes coupables d’actes abjects, ensuite découpés hors champ puis balancés dans l’océan Pacifique au large de Miami dans des sacs-poubelle. Dexter Morgan, c’est la perfection du monstre glacial et du professionnel imprenable, capable de retracer en quelques minutes les derniers instants de vie des victimes des serial-killers qu’il pourchasse sans relâche, au motif qu’ils ont l’impolitesse de venir hanter chaque saison de 12 épisodes.

     


    Une pointure telle que l’a fait apparaître Jeff Lindsay un beau jour de 2004 dans “Ce cher Dexter” (traduction non littérale du titre sus-mentionné), sans préjuger le moins du monde que le prénom de son héros deviendrait une marque télévisuelle indélébile. Alors quand, comme nous, on est totalement toqués de cette série sans équivalent dans l’histoire, rencontrer Jeff Lindsay, c’est un peu, a priori, comme tenter le concours d’entrée à Normale Sup en sortant directement du CM2: soudain survient l’angoisse de radoter des questions-balivernes posées un milliard de fois, jusqu’à le rendre furax au point de finir bouffé tout cru dans son assiette. Confusion spatio-temporelle d’un instant entre l’inventeur d’un personnage d’une puissance morbide absolue, et l’artiste de grande taille à corpulence de bon vivant qui nous fait face, ne demandant qu’à déconner plein pot. Jeff Lindsay nous apparaît relax et hâlé comme le citoyen de Miami qu’il est depuis sa naissance, le 14 juillet 1952. Cet écrivain de grand talent, aujourd’hui édité en France par Michel Lafon (1), n’affichera pas une once de prétention : il ne demande d’ailleurs qu’à passer inaperçu, lui qui naguère soupa de sa notoriété de présentateur de télévision. Son plaisir se trouve ailleurs, à Miami, sa ville de coeur et de sang, où il vit heureux en famille, répondant à la question “Etes-vous riche?” d’un “Non, pas vraiment” sincère. En remontant le cours de l’histoire, on apprend qu’il a vendu les droits d’exploitation du personnage, ainsi que les deux premiers romans d’une série de six, best-sellers sur le continent américain – et ce sans pouvoir exercer le moindre droit de regard sur la série, dont vous allez découvrir sur Canal+ la saison 6. Le débat fera fureur entre exégètes pour savoir si la saison 4 (avec l’assassinat éprouvant de l’épouse de Dexter) est meilleure que cette dernière fournée, entièrement axée sur un duo masculin de psychopathes fous furieux, rivés à l’idée de fin du monde et gavés de préceptes apocalyptiques.

     


    Ils commettent leurs forfaits ignobles, mais lavés de tout scrupule par leur réinterprétation orientée de la Bible. Plus immondes les uns que les autres, les assassinats sont mis en scène selon un ordre scrupuleux que Dexter va entreprendre de décoder, en même temps qu’il se rapproche, pour la première fois déstabilisé, de la question du christianisme, par l’intermédiaire d’un ancien voyou devenu pasteur, interprété par le remarquable rappeur Mos Def. 2012, c’est donc l’année de toutes les questions métaphysiques et mystiques pour celui qui ne “ressent” rien d’humain, hormis l’amour qu’il porte à son fils Harrison et celui de sa soeur, promue lieutenant à la surprise générale. On ne vous gâchera pas le suspense en poussant le bouchon plus loin, pour vous laisser découvrir ce que nous considérons comme le nouveau climax d’une série qui ne lasse pas de surprendre, avec ses cliffhangers de choc et un Michael C. Hall (Dexter) plus impressionnant que jamais. Après sa performance dans la série “Six Feet Under”, en patron gay d’une entreprise de pompes funèbres, il se situe désormais pour nous à la même hauteur que les plus grands acteurs hollywoodiens, pas très loin d’un Christopher Walken, c’est dire… Un rôle duel, d’ailleurs, puisque rien ne saurait exister sans la double lecture apportée par la voix off de Dexter – qui contredit sans cesse son attitude placide -, cette face noire et tranchante d’un discours public dénué d’aspérités autres qu’un vague sourire arboré mécaniquement. Et c’est pris en étau entre un personnage de serial-killer justicier sans pitié et son inventeur débonnaire, homme de plume qui n’a jamais écrit autre chose que “du Dexter”, que nous terminons cet inventaire par quelques propos apéritifs sur le choix prodigieux de Michael C. Hall. Jeff Lindsay : « Quand j’ai appris, à l’époque, que Michael C. Hall incarnerait Dexter, j’étais littéralement effondré… Bien entendu, je l’avais vu jouer David Fisher dans “Six Feet Under”. Je l’avais trouvé parfait, mais ce qui émanait de lui ne me semblait pas du tout correspondre à l’ultraviolence intrinsèque du personnage de Dexter. Il y était assez fluet, timide, et je m’étais déjà fait à l’idée que le rôle irait comme un gant à Johnny Depp. Dexter, c’est l’innocence perdue depuis la prime enfance, un homme qui navigue entre deux mondes, le réel qui l’accable et le sien, fantômatique, horrifique, où il dialogue avec son père décédé. Un serial-killer sympathique, je précise: Dexter ne pouvait pas tuer des agents immobiliers ou des huissiers, la pilule ne serait jamais passée. Il fallait donc qu’il élimine des criminels. Puis je me suis rendu sur le tournage de la série. J’ai alors vu un Michael transformé, qui avait fait de la musculation. Scié par cette métamorphose et ce regard terrifiant, j’étais là, avec ma fille de 8 ans. Elle jouait sur le plateau, et elle est revenue en courant vers moi pour me dire: “Papa, j’ai eu de la chance, Dexter ne m’a pas mangée! C’est là que j’ai compris que le choix de Michael était idéal, ce que la suite a confirmé.” Fin de la conversation, avec cette hypothèse plausible : et si Michael C. Hall décrochait un jour un oscar ? Rendez-vous dans quelques années, quand le très grand public aura intégré qu’il tient, avec cet homme ambivalent, un king of comedy absolument grandiose.

     

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