MICHAEL MOORE EN DVD: UNE AMERIQUE PAS BELLE A VOIR
Vendredi, 2 avril 2010Par Philippe Vecchi
« Capitalism: A Love Story », du cinéaste palmé à Cannes Michael Moore, qui vient de sortir en DVD (Paramount) en France, est très exactement le genre de film réussi parce qu’il parvient à vous coller une haine pas possible. On avait déjà tous les éléments en main, mais l’accumulation, la stratification des horreurs sociétales ici montrées finit par exploser en climax insupportable. Car, à analyser les cas infinis et différents de franges entières de la population américaine, massacrées par une politique régie à la hache entreprenariale et à la guillotine boursière, Michael Moore fait au milieu de son long métrage à caractère documentaire ressortir une vérité puissante: « l’Amérique n’est plus une démocratie ». Et c’est vrai! C’est précisément ce que dit dans son dernier spectacle (coécrit par les fondateurs des « Guignols » de Canal+ Bruno Gaccio et Jean-François Halin) le comique français en circulation le plus balèze, Patrick Timsit: « La liberté, c’est là-bas qu’elle est entérrée! ». Ce n’est plus une démocratie parce que depuis le 4 novembre 1980, date de l’élection comme président du monde (en gros) du plus mauvais acteur américain, Ronald Reagan, elle s’est transformée en trois décennies en « ploutocratie »: le fameux « 1% le plus riche des Etats-Unis » détient plus de valeurs financières que les 95% des plus pauvres. Waow… Bingo! Impressionnant pour des donneurs de leçons internationaux, chantres de l’Ordre moral ultra puritain et autres pièges à rats tel que le Patriot Act. Dans le même temps, on sait aussi de source sûre que les même lobbyistes qui font voter au Congrès les lois les plus atrocement répressives, se retrouvent entre eux le soir-même pour sniffer de la cocaïne à gogo sur le corps dénudé de mannequins slaves, mineures et endettées.
En cinéaste mondialement reconnu du « 11 septembre » et de la défense des opprimés d’un système capitaliste poussé à l’extrême de ses possibilités destructrices, Michael Moore s’emploie d’emblée à démonter la mécanique des expulsions, filmant des déménageurs protégés par la police armée jusqu’aux dents en train de jeter à la décharge publique les meubles de prolos qui ont eu montre en main un mois pour décamper et ainsi perdre le fruit du travail d’une vie, sans même savoir où il vont pouvoir dormir. Pas dégueulasse non plus dans le style abject : une entreprise (vous découvrirez laquelle dans « Capitalism, A Love Story ») parmi les plus riches du pays voit l’une de ses employées mourir de maladie. Elle avait 26 ans, l’âge le plus rentable: son décès a rapporté 81000 dollars à sa boîte, qui n’en a pas reversé un seul à la famille éplorée et surendettée de 100000 dollars pour les frais médicaux + 7000 pour les obsèques de sa fille. Sauf que voilà, la page est tournée, grâce à Obama qu’on a envie d’embrasser sur la bouche, maintenant, c’est la Sécurité Sociale pour tous les pauvres! Et que Bush Senior, Junior et consorts restent surtout à picoler leur Budweiser dans leur giga propriété du Maryland et à jouer à vie au lancer débile de fer à cheval.



Bonjour et bienvenue. Dans « Une Parisienne à Montréal », je vous ferai découvrir Montréal et ce qui en fait pour moi, une ville unique, étonnante et surprenante. Je vais rencontrer les designers, les artistes au sens large mais aussi tous ces français qui se sont installés ici et qui font vibrer cette grande ville bilingue multiculturelle. Je vous révèlerai leurs histoires, leurs coups de cœur, leurs bons plans, leurs bonnes adresses. De l’autre côté de l’Atlantique, Philippe Vecchi partagera avec nous ses vues de Paris.