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  • Archives pour le mot-clef « christian lacroix »

    Christian Lacroix a carte blanche dans le Kill Magazine

    Vendredi 10 décembre 2010

    Par Elsa Vecchi

    Qui mieux que Christian Lacroix pouvait incarner la thématique « Extrême couture» du dernier Kill Magazine? Je l’affirme sans sourciller: personne! Lorsque, de sa voix douce et retenue, le génial designer français répondit à l’invitation « Elsa, une carte blanche? Avec plaisir! »,  je bondis de joie.

    Extrait de la Carte Blanche de Christian Lacroix pour Kill Magazine Hiver 2010/2011 – Extrême Couture

    Tout commence en1987. Lors de sa première collection signée de son nom, les médias ne tarrissent pas d’éloge. «Vive Lacroix ! On n’a jamais rien vu de pareil en 25 ans» déclare le Sunday Times, tandis que Vogue le qualifie de «créateur le plus en vue de Paris». Une arrivée en trombe pour celui qui se destinait à devenir conservateur de musée et n’a de cesse de penser la mode comme un moyen de « théatraliser le quotidien » – la meilleure façon d’exorciser l’une de ses vieilles terreurs enfantines: l’ennui. On ne se refait pas.

    « Lorsque vous avez dit extrême couture, j’ai tout de suite pensé aux mots « allure, attitude, élégance », de ceux qui avec le temps ne perdent pas de leur sens. « L’art, c’est ce qui rend la vie plus belle que l’art » dixit l’artiste français Robert Filliou. J’ajouterai « la couture, c’est ce qui rend la mode plus belle que la mode » me confie Christian Lacroix. La quintessence même de la mode faite art. Longtemps, on considéra même qu’il sauva à lui seul la haute couture avec ses modèles incroyablement colorés et picturaux, véritables bombes artistiques faisant voler en éclats toutes les certitudes minimalistes des années 90. Un registre dans lequel on ne cessera pas de le cantonner encore, et encore, et toujours « je n’en pouvais plus d’avoir à jouer  toujours le même répertoire. Par nature, j’ai envie d’aller toujours plus loin, et de ne surtout pas cultiver le même et seul filon, c’est à dire : les gitans, le patchwok, la chaleur, les couleurs… ». Bridé, muselé, il l’est pour ainsi dire tout le temps. « Pas de noir », c’est l’une des consignes de Bernard Arnault de LVMH, longtemps propriétaire de la marque rachetée en 2005 par les frères Falic, le numéro deux de la distribution en boutique hors taxes aux Etats-Unis. Une idylle bien vite consommée. En 2009, le couperet tombe, intraitable, d’une violence incroyable. Christian Lacroix perd tout jusqu’à son propre nom. Une pure catastrophe pour le grand Art made in France. « Il me faudra du temps pour revenir à la couture, si j’y reviens… Aujourd’hui, la priorité est donnée aux spectacles, aux costumes, au design d’hôtels ou encore de TGV, à la scénographie: le rêve! Je dois vous avouer qu’être en contact de si près avec l’opéra et le théâtre me bouleverse totalement”. Autant de prétextes à créer pour le designer et  “être au plus près d’un corps et d’une personnalité » . N’est-ce pas la quintessence même de la couture?

    Je pourrais étirer cet entretien à l’infini tant l’homme est passionnant, touchant, palpitant… Je terminerai sur cette phrase qui me tira presque des larmes tant elle est éclatante de vérité « on n’échappe pas à ses modèles d’élégance sur lesquels on ouvre les yeux quand on est enfant ».

    Une phrase à méditer absolument pour la postérité.

    Merci Christian Lacroix!

    Extraits de la Carte Blanche de Christian Lacroix pour Kill Magazine Hiver 2010/2011 – Extrême Couture

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    LACROIX ET LA BANNIÈRE

    Samedi 27 juin 2009

    Par Philippe Vecchi

    jambes

    Chers amis québécois et français, c’est avec plaisir que je prends place sur ce blog, à l’invitation de ma soeur qui ne vous dira pas à quel point son comportement télévisuel fut précurseur en France. Voici quelques années de cela, elle prônait l’écologie citoyenne sur l’antenne d’une grande chaîne d’information (LCI), coanimant une émission avec le célébrissime Nicolas Hulot. Et c’est peu dire qu’elle voyait déjà juste: à la faveur des toutes récentes élections européennes, la France a basculé à hauteur de 16% des bulletins de vote (du jamais vu!) du côté d’un certain Daniel Cohn-Bendit, porte-drapeau d’un courant moderniste « vert » en devenir. A Paris, on sent même les symptomes écolos surgir de partout. On les traque du regard dans les rues fourmillantes, en suivant ces filles aux jambes extrêmes, histoire de deviner si ce qui les revêt à peine est en coton naturel (bon) ou en simili-synthétique (pas bon). Il m’arrive aussi de surprendre de gentils voyeurs, armés de leur smartphone, en train de filmer de dos des créatures qui, parfois, gagnent à être connues aussi de face. Paris, capitale de la mode? Pour la beauté (dé)vêtue des femmes, on n’a vraiment pas à se plaindre. En revanche, une sale nouvelle est venue assombrir le panorama de la haute couture et du prêt-à-porter grand luxe: Christian Lacroix, ce génie arlésien (du nom de la ville du sud où Van Gogh s’installa, Arles), est en proie à d’immenses difficultés financières, liées à l’incapacité suicidaire de ses financiers américains. On aime l’homme Lacroix et son travail, et apprendre la mise hors-circuit de l’un de nos plus beaux créateurs serait, à nos yeux, pure catastrophe. Verdict dans six moix. Après les baleines, please, sauvons le grand Art made in France!

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