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  • Archives pour le mot-clef « comique humour montréal »

    VIVE L’ÉTÉ, ET GAD BLESS YOU!

    Mercredi 22 juillet 2009

    Par Philippe VECCHI

    gad

    C’est, hélas, purement statistique: un peu plus d’un Français sur deux n’a pas les moyens financiers de partir en vacances. Triste constat qui contraint les mal-lotis à s’en faire eux-mêmes (des vacances). Et comment? En surmultipliant les déjeuners barbecues, les après-midis piscine gonflable, et, plus que tout, les soirées collectives DVD. Avec une option qui ne rate quasiment jamais: une sélection des meilleurs shows humoristiques. Bien que vous ne m’ayez rien demandé, je vais vous donner le tiercé de mes comiques vivants made in France préférés. Sur la deuxième marche du podium, Jamel Debbouze (et pas seulement parce que j’ai fait avec lui deux ans de télévision délectable, sur Canal+). Troisièmes ex-æquo de nos spécimen de prédilection, Valérie Lemercier (qui, hélas, a toujours refusé d’être filmée sur scène!) et Patrick Timsit (allez voir ses sketches «humour dark» sur youtube). Et enfin, pour la bonne bouche, en pole position, Gad Elmaleh. Pourquoi? Parce que. S’il est à nos yeux conquis de longue date le premier de cette classe si souvent sans grande classe, c’est parce qu’en quinze années de pratique ininterrompue, ce comique franco-marocain a tout compris au film. Empruntant à son idole -et désormais ami- Jerry Seinfeld le goût du stand-up à la mitraillette, et le passage sans cesse impromptu du coq à l’âne, Gad est même devenu la quatrième personnalité préférée des Français, toutes catégories confondues (sondage «Journal du dimanche»). Et si je vous en parle, ce n’est pas uniquement parce que je le connais depuis un bail, mais aussi au motif qu’il a vécu un certain temps au Québec, gardant manifestement de Montréal un souvenir inoubliable. C’est là, dans l’ultra-froid hivernal et le réchauffement des bras des jolies filles qu’il a aussi fait ses premières armes. Montréal, Gad y débarque à l’âge de 17 ans pour poursuivre des études de sciences politiques qui, elles, ne le suivront pas du tout. Il passe son temps à hanter la radio du campus universitaire pour y faire le zouave, avant « de ramasser des trucs dégueulasses dans un hôpital », histoire de gagner quelques dollars, puis de notamment faire le serveur de restaurant. Mais là non plus, ça ne colle guère. Déjà obsédé par cette observation minutieuse du quotidien qui deviendra sa marque de fabrique, il passe plus de temps à écouter les conversations des clients attablés qu’à les servir. Dehors! Aujourd’hui, Gad remercie encore ce pays qui, nous dit-il, l’a «accueilli à bras ouverts» (et pas que les filles), et «où tu ne peux pas te permettre de ne pas être efficace en spectacle. C’est un vrai marché, le public est affiné. Ça, j’adore, parce que ça m’a appris à peaufiner mon écriture» -cet art qui n’est pas le dernier de ses points forts. De «l’Autre c’est moi» à «Papa est en haut», son tout dernier one-man-show, divers DVD pour soirées relax vous attendent cet été, dans l’ombre d’une actualité en date du 21 juillet 2009: la sortie en Blue Ray & DVD de «son» film «Coco» (il l’a écrit, réalisé et interprété, sous la houlette du producteur de «la Môme»). C’est l’histoire d’un juif marocain trentenaire installé à Paris, un mariolle bruyant et hyper frimeur qui oublie de regarder grandir son fils, issu de son mariage avec une bimbo fausse blonde, comme on en feuillette sur les dépliants touristiques pour Miami ou Vegas. Ah, mon opinion sur ce «Coco» des familles? Demandez plutôt aux enfants que je n’ai pas. Ceci dit, quoiqu’on en pense, le long-métrage comique a réalisé un beau score au box-office français, enrichissant Gad Elmaleh de… 2 millions d’euros minimum! L’acharnement au travail, que voulez-vous, ça paie. Il est loin le temps des vaches maigres, québécoises d’adoption, ou françaises de cultures mélangées. Enfin bref: Gad bless you!

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