Denis Gagnon, les dessous de la création
Jeudi 5 avril 2012Par Elsa Vecchi
Article écrit pour le dernier Dress To Kill Magazine: magnifique numéro consacré au Design.
« Les lignes les plus classiques, les plus épurées possible » confie Denis Gagnon en passant en revue sa collection de l’hiver prochain 2012/2013. La mode est ainsi faite qu’il est toujours question de se projeter dans le futur, deux saisons plus tard. « Femme et homme, même combat… parce que oui, je reprends la création masculine pour l’hiver prochain! ». Et voilà qui est fait, depuis le printemps/été 2005, Denis Gagnon s’était entièrement consacré à la femme pour sa ligne en nom propre et celle signée Odassi, en collaboration avec la chaîne de vêtements BEDO. “ Histoire de boucler la boucle, je travaille à nouveau comme à mes débuts, c’est à dire à partir de patrons” détaille notre designer lunetté , “ c’est réellement à cette étape que vient le côté architectural que j’affectionne tant.” Autant dire qu’après 11 années de création, Denis Gagnon se concentre lui aussi sur son essentiel, son ADN, bref la substantifique moëlle de sa créativité, pour donner naissance à des modèles qui dessinent des silhouettes longilignes, fluides et toujours architecturées, avec partout ce fameux twist “edgy”, so Denis Gagnon. Alors que dire de son printemps “très floral” et qui pourrait presque faire figure d’ovni stylistique? Là encore, tous les “dada” du créateur sont bien là. Mix de matières, lignes le plus souvent “cartésiennes”, travail du cuir – l’une des marques de fabrique du créateur – qui est présent partout, et dont certains modèles sont l’oeuvre de Laurence St Pierre, jeune designer à l’origine de ce cuir embossé, technique qui permet de créer du relief dans les peaux en les plongeant dans l’eau. Vestes tuxedo aux découpes étonnantes, jupes à plis façon kilt, kimono ceinturé de cuir, ou encore cette robe (de cuir encore) avec ce col amovible porté avec un pantalon de soie sont autant de preuves de son insatiable créativité.
Et l’occasion aussi de jeter un coup d’oeil sur l’une des créations printanières de Denis. Photo signée: Rainer Torrado.



























Cette dernière année, on n’a jamais autant entendu parler de Denis Gagnon, et pourtant depuis dix ans, il crée des modèles souvent proches de la haute couture. Dix longues années qui ne ressemblent pas toujours à un long fleuve tranquille. Je ne reviendrai pas sur l’échec de son magasins et de ses années plus sombres, parce qu’aujourd’hui tout sourit au designer. Des défilés encensés par la critique -une collaboration à l’image des plus grands avec la chaîne de vêtements québécoise Bedo - un film « Je m’appelle Denis Gagnon » que le réalisateur Khoa Lê lui a consacré – et depuis quelques jours, une exposition au Musée des Beaux Arts de Montréal, faisant de lui le premier créateur de mode canadien à entrer au Musée. L’heure de gloire? Certainement, et le meilleur reste à venir.





















Bonjour et bienvenue. Dans « Une Parisienne à Montréal », je vous ferai découvrir Montréal et ce qui en fait pour moi une ville unique, étonnante et surprenante. Je vais rencontrer les designers, les artistes au sens large, mais aussi tous ces Français qui se sont installés ici et qui font vibrer cette grande ville bilingue multiculturelle. Je vous révélerai leurs histoires, leurs coups de cœur, leurs bons plans, leurs bonnes adresses. De l’autre côté de l'Atlantique, Philippe Vecchi partagera avec nous ses vues de Paris.