CHANTAL THOMASS A CARTE BLANCHE DANS LE NOUVEAU KILL
Mardi 15 juin 2010Par Elsa Vecchi
La papesse des dessous chics, Chantal Thomass, a carte blanche dans le tout nouveau Dress to Kill Magazine d’été : un très beau numéro dédié au DÉSIR sur lequel, j’ai eu l’immense plaisir de travailler comme rédactrice en chef mode.
Extrait de la carte blanche de 7 pages et de mon entretien avec Chantal Thomass.
Photo: Carte Blanche Chantal Thomass pour « Dress to Kill » Magazine, numéro d’été.
Lorsque le thème « Désir » fut décidé, un seul nom me vint en tête : Chantal Thomass la papesse de la haute-lingerie sexy, celle qui révolutionna à tout jamais notre façon d’appréhender corsets et balconnets, porte-jarretelles et guêpières, bas et collants devenus entre ses mains les meilleurs alliés du Désir. Je m’empressais de sauter sur mon téléphone, la réponse de la créatrice fut immédiate «oui, avec plaisir ! ».
Tout commence dans les années 70. Alors que Mai 68 et la vague hippie ont sonné le glas du soutien-gorge, Chantal Thomass rêve secrètement de lingerie sexy et légère. Ni voyez aucune arrière-pensée politique, ni aucune provocation « les femmes portaient des modèles fonctionnels, du chair ou du blanc, quand elles en portaient, et moi je désirais créer des dessous rouges, jaunes, bleus inspirés des annés 30-40-50 ou de Pigalle ». Par désir de séduction ? « Non, par amour de la dentelle et pour que les femmes se plaisent à elles-mêmes ».
Au tout début du commencement, elle crée un prêt-à-porter très suggestif: de délicats soutien-gorges glissés sous des blouses transparentes, de légères nuisettes et de sublimes corsets à porter au grand jour « pour moi, la lingerie est avant tout un élément de mode et cela c’était nouveau. J’ai été la première à utiliser des imprimés rigolos, de la dentelle Chantilly ou de la flanelle ». Elle est officiellement la première à faire passer les dessous dessus, une vraie révolution à l’époque, et à s’amuser du décalage masculin-féminin, imaginant des corsets en daim ou satin qu’elle fait porter sur des chemises d’hommes. Coquetterie coquine, élégante sensualité…
Alors imaginez à la question “Et le porno-chic dans tout cela? », la réponse est ferme et sans détour : « je n’aime pas cela… à la rigueur des menottes en dentelle pour le clin d’œil. Le porno-chic dépasse totalement le désir… le désir c’est tellement plus mystérieux ! ». Si Chantal Thomass, coupe à la Louise Brooks, tailleur-pantalon noir et bouche carmin, aime se jouer des clichés de soubrette, de nurse, de playmate rétro, elle ne sombre jamais dans le vulgaire parvenant toujours à flirter avec une image sexy aux frontières du sulfureux. Une vraie performance qu’elle doit à une bonne dose de pince sans rire et d’humour, à l’image d’une Betty Boop « inspirante, mignonne et drôle ».
Tiens, parlons en des pin-ups, les beautés callipyges de Vargas aux formes envoûtantes sont depuis toujours ses sources d’inspiration. Il y a aussi bien-sûr « Marlene Dietrich… Dita Von Teese: la féminité incarnée, elle adore la lingerie et c’est d’ailleurs une cliente ! Charlize Theron ou encore Marion Cottillard, la jeune comédienne française oscarisée pour « la Môme » d’Olivier Dahan : une beauté très féminine ». Elle s’imagine habiller leurs jambes, l’une des autres passions de sa vie, « de collants, de bas opaques, de dentelle, de transparences, de trompe l’œil. Une jambe habillée est plus attirante. » En 1979, elle fait réaliser de la dentelle en Lycra pour la tenue parfaite des collants fantaisie, lançant la vogue des jambes gainées d’arabesques.
Ainsi va la vie, la papesse des dessous chics passe la sienne à révolutionner la notre, s’attaquant désormais aussi aux objets du quotidien en les rendant irrésistiblement attirants: des accessoires de téléphone, au plus sexy des lave-linge pour Vedette, en passant par une ligne de cosmétiques pour Nivéa… Elle cultive avec passion son univers capitonné aux allures de boudoir, à l’image de sa dernière boutique-écrin de la rue Saint-Honoré à Paris, signée Christian Gion “ il y a du rose partout pour donner bonne mine et mettre le corps en valeur!».
Chantal Thomass, je terminerai en vous citant « j’adore l’idée de ne penser qu’à soi de temps en temps !», vous qui savez si bien penser à nous et nous révéler toujours plus désirables. Merci.
Photo: Carte Blanche Chantal Thomass pour « Dress to Kill » Magazine, numéro d’été.
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Bonjour et bienvenue. Dans « Une Parisienne à Montréal », je vous ferai découvrir Montréal et ce qui en fait pour moi une ville unique, étonnante et surprenante. Je vais rencontrer les designers, les artistes au sens large, mais aussi tous ces Français qui se sont installés ici et qui font vibrer cette grande ville bilingue multiculturelle. Je vous révélerai leurs histoires, leurs coups de cœur, leurs bons plans, leurs bonnes adresses. De l’autre côté de l'Atlantique, Philippe Vecchi partagera avec nous ses vues de Paris.