À POILS!
Mardi 24 novembre 2009Par Elsa Vecchi
Ben tiens, pourquoi pas ?
Photo: Création Harricana
Pardon ??? Non, ce n’est évidemment pas ce que vous pensez. Aujourd’hui, je vais vous parler fourrure mais pas de n’importe quelle fourrure : la recyclée. « Haaaa », « ouffff », non, c’est vrai la fourrure est un sujet extrêmement tabou. Je dois d’ailleurs vous avouer avoir regardé, pendant longtemps avec suspicion, ces femmes portant ces énormes manteaux de fourrure. L’image de Cuella résonnait de façon diffuse dans mon esprit, j’étais imprégnée des émissions d’écologie présentées aux côtés de Nicolas Hulot et de nos longues conversations.
Photo: Mariouche Gagné
Et puis, une fois installée à Montréal, les noms de Mariouche Gagné et Harricana revenaient régulièrement. Il n’était pas question de ne pas aller voir les créations de la jeune femme pétillante à la tête de la première société d’Ecoluxe au Monde.

Photo: Création Harricana
Son histoire m’a tout de suite séduite et m’a fait changer d’idée: porter de la fourrure recyclée n’a rien à voir avec porter de la fourrure classique, c’est même éthique et toc!
Après des études de design dont la prestigieuse Domus Academy à Milan, Mariouche lance sa marque Harricana en 1994. Le concept et le slogan sont « fait à partir du manteau de votre mère ». Ici il est question de recycler les vêtements en fourrure déjà portés. L’idée est simple mais il fallait y penser. Elle lui vient, il y a 15 ans alors qu’elle participe à un concours de design parrainé par le conseil canadien de la fourrure. Elle présente un vêtement de ski réversible en fourrure. En cours de route, le hasard fera bien les choses, il lui manque le matériel nécessaire pour compléter sa collection, elle recycle alors le vieux manteau de fourrure de sa mère. Une idée d’affaire originale est née et en quelques années, la jeune femme se fait connaître grâce à ses sublimes manteaux, ses vestes très tendance, ses gants, chapkas, sacs et autres accessoires très délicats.

Photo: Sac Harricana
Depuis, l’idée a fait des émules… aujourd’hui, la créatrice recycle les robes de mariées et leur offre une seconde vie sous forme de chemisier, foulard… ou bijoux, bref tout est possible.
Photo: Atelier-boutique Harricana
Le filon est inépuisable. Dans son immense atelier-boutique, Mariouche ne jette rien, recycle le moindre bouton, la moindre pièce de fourrure, de dentelle, de tissu, pouvant servir dans un futur plus ou moins proche. La France succombe petit à petit à ses créations hivernales. De Megève à Gstaad en Suisse, chapkas, sacs, et autres cache-oreilles siglés Harricana ont la côte et c’est tant mieux !

Bonjour et bienvenue. Dans « Une Parisienne à Montréal », je vous ferai découvrir Montréal et ce qui en fait pour moi une ville unique, étonnante et surprenante. Je vais rencontrer les designers, les artistes au sens large, mais aussi tous ces Français qui se sont installés ici et qui font vibrer cette grande ville bilingue multiculturelle. Je vous révélerai leurs histoires, leurs coups de cœur, leurs bons plans, leurs bonnes adresses. De l’autre côté de l'Atlantique, Philippe Vecchi partagera avec nous ses vues de Paris.