Par Elsa Vecchi
Article que j’ai écrit pour le dernier Dress To Kill Magazine: magnifique numéro consacré au Design.
Rad Hourani, créateur québécois d’origine jordanienne, déja fort de deux lignes -« Rad by Rad » -son prêt-à-porter-, et « Rad Hourani », sa griffe haut de gamme, a 29 ans, dont cinq de création et un fort intérêt pour sa conception architecturale”. Rad Hourani, star montante de la création, artiste pluridisciplinaire, lève le voile sur ces gens qui l’entourent aux 4 coins du monde. Amis, fidèles collaborateurs, il les a shootés pour nous, portant ses modèles .

Collection PE 2012
Du jamais vu
De manière insensée, ce jeune créateur montréalais semble transformer tout ce qu’il touche en or, tel le roi Midas. Il s’essaie à la photo? On lui consacre directement une exposition, à Paris. Il se lance dans la création? Cinq petites années plus tard, il est invité à postuler pour la haute couture à Paris (encore), ce club sélect ultra fermé fort de 12 membres qu’aucun Canadien n’a jamais réussi à pénétrer. C’est peu dire que Rad Hourani est un talent bien à part, exceptionnel, incroyablement doué et rusé. Alors, comment expliquer son ascension sidérante? “Depuis mes touts débuts, je conceptualise des modèles parfaitement unisexes, indémodables, réversibles, modulables et transformables. Un style que je n’étais parvenu à trouver nulle part ailleurs dans le monde”. Sans chichis, “sleek”, efficaces, tendance sans être marqués par un courant identifiable” C’est tout cela la signature Rad Hourani, un vrai concept novateur et unique en son genre. “De cette idée d’intemporalité est partie également l’envie de ne jamais nommer les collections par saison, mais par numéros, 1,2,3,4, etc, … “précise Rad Hourani. Le Montréalais, qui revendique de n’avoir jamais étudié la mode, se rappelle avoir présenté sa première collection en parfait autodidacte, courant octobre 2007, dans la capitale française. “J’avais dessiné des “sketchs”sur mon Laptop, des modèles graphiques, architecturés, qui ont donné naissance à des silhouettes androgynes. Ce fut un défilé très bien accueilli et pour moi fondateur”.

Ses vêtements semblent être construits comme des buildings, par étages, par strates. Rien d’étonnant à cela, il nourrit une véritable passion pour l’architecture. En voici quelques preuves: coupes franches, lignes droites, détails ultra cartésiens sont au coeur de sa créativité débordante, mais aussi parfaitement structurée et organisée. “Mon “projet” s’est affiné jusqu’ à désormais créer seulement 6 items par collection qui peuvent se transformer en 22 silhouettes, grâce à des jeux de zippers, de ceintures”, analyse Rad Hourani, qui se remémore avoir fait ses classes lors de séances photos sur lesquels ils sévissait dans le rôle de styliste. “C’est à ce moment -là que j’ai appris la lumière, le rôle de l’éclairage, les pleins et les creux des vêtements”. Un premier métier qui l’a vu évoluer entre photographes, créateurs, propriétaires de magasins, autant de relations qui sont devenus de précieux alliés au fil du temps. La constance, la fidélité, l’amitié sont autant de valeurs fondamentales pour Rad qui a su mieux que personne se créer un réseau de part et d’autre de l’Atlantique, de New York à Paris en passant par Montréal, sa ville de coeur où il a établi son atelier de production, dans le Mile End. Enfin, divine surprise, c’est en postulant dans la capitale française pour intégrer le cercle du prêt-à-porter, qu’il s’est retrouvé parmi la liste des candidats possibles à l’entrée dans la haute couture. Cette fois, on touche carrément au conte de fées puisque ce sont des maisons de couture aussi mondialement réputées que Chanel ou Dior, qui votent. Le suspense est à son comble: Rad Hourani sera-t-il le premier citoyen canadien à représenter notre pays au sein de l’élite de la mode.
Site officiel de Rad Hourani