« Work it »: on a déjà marché sur la série américaine la plus nulle de l’année
Lundi 19 mars 2012Par Philippe Vecchi
C’est fait, on a trouvé la série américaine 2012 la plus fulgurante. Pas au sens où elle vous laissera à genoux, mais parce qu’elle n’aura duré que le temps éclair de… deux épisodes. Et s’il y a bien une information dont on est certain, c’est que ce “Work It”, tirant dans la catégorie “sitcoms” avec faux rires hystériques à baffer dialoguistes et créateurs, vous n’en verrez jamais la moindre trace à la télévision française, ni même québécoise.
Elle aura beau faire le tour du monde des marchés de la production discount, avec ses six épisodes pourtant tournés, que personne ne s’arrêtera jamais nulle part, pas même pour marcher dedans du pied gauche. Un symptôme somme toute assez courant d’un système de création et de diffusion qui, aussi bien au cinéma (avec ses sorties directes en DVD sans passer par la case France) que dans le cadre des séries nouvelles, fournit son lot de productions directement balancées aux ordures à relents bouseux de Berezina coûteuse. Parallèlement à cette cata, on apprenait la grande nouvelle du mois: le Canadien David Cronenberg lance enfin sa propre série, « The Hollywood Reporter », dont il sera aussi le réalisateur et le producteur exécutif, en somme l’homme-lige détenant toutes les clés de nos attentes éperdues. Après son film assez académique Freud versus Yung, on y suivra cette fois les pérégrinations du chirurgien du XVIIIème siècle, John Hunter, auteur de découvertes sur le corps humain mais avec des méthodes très hétérodoxes et pour le moins radicales. Revoir « Faux-semblants », avec Jeremy Irons dédoublé en gynécologues jumeaux.
Portrait de David Cronenberg
Mais revenons vite fait à notre brebis galeuse. Comme c’est notre cas, il faut être à cette heure sur le continent nord-américain pour l’avoir vue filer à la vitesse de la lumière en direction des égouts de la fabrication à la chaîne. Lancée le 3 janvier 2012, “Work It” était retirée de l’antenne le 13. Quelle performance ! Deux petits tours de piste sur ABC, l’un des plus gros networks du pays où il faut assurer d’amples audiences, et on est passé de 6 pauvres millions de téléspectateurs pour l’épisode 1, à 5 millions au compteur de l’épisode 2, les pontes du la chaîne refermant cash leur piège à grizzlis.
Pas facile de s’incruster dans la masse des fictions à prétentions comiques, surtout quand on joue sur la crise économique qui déprime une ville, Saint Louis, où l’emploi revient majoritairement aux femmes, ce qui pousse le héros et son meilleur ami à se travestir en rombières pour trouver un boulot de représentantes pharmaceutiques.
Photo: L’acteur principal oubliable de « Work it »
C’est d’un goût à peu près aussi sûr que d’envoyer des usuriers qui cognent chez des familles déjà à la rue. On sent bien que tout le monde s’est emmêlé les pinceaux, et que le responsable fiction qui a fourvoyé ABC dans cette impasse doit aujourd’hui apprendre à nager avec des chaussures en marbre. Critique impossible : c’est vraiment trop nul. Un rire toutes les sept secondes pour une réplique à pleurer : voici l’histoire édifiante du papillon éphémère qui ignore qu’il n’a qu’une journée à vivre et trouve le moyen, en plus, de se faire becqueter à 7 heures du matin. Le con…






Membre du Saïan Supa Crew jusqu’en 2007, Sly the Mic Buddah alias Sly Johnson met ensuite sa voix au service d’artistes aussi divers que Camille, Rokia Traoré, Oxmo Puccino ou Erik Truffaz. En 2010, il se lance dans une carrière solo avec le 5-titres The June 26th EP avec Ayo et 20Syl. Son premier album en solo intitulé « 74″ sorti à l’automne 2010 en fait un soul man accompli….
Bonjour et bienvenue. Dans « Une Parisienne à Montréal », je vous ferai découvrir Montréal et ce qui en fait pour moi une ville unique, étonnante et surprenante. Je vais rencontrer les designers, les artistes au sens large, mais aussi tous ces Français qui se sont installés ici et qui font vibrer cette grande ville bilingue multiculturelle. Je vous révélerai leurs histoires, leurs coups de cœur, leurs bons plans, leurs bonnes adresses. De l’autre côté de l'Atlantique, Philippe Vecchi partagera avec nous ses vues de Paris.